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Et si on critiquait le Sivom… mais en payant sa facture ?

Sur VKP, plus de trois habitants sur quatre ne règlent plus leurs factures d’eau depuis janvier 2014. C’est unique en Nouvelle-Calédonie. La plupart juge que le service de l’eau...

Sur VKP, plus de trois habitants sur quatre ne règlent plus leurs factures d’eau depuis janvier 2014. C’est unique en Nouvelle-Calédonie. La plupart juge que le service de l’eau est trop cher et méprise les conséquences d’un refus de le payer. Est-ce là un comportement citoyen ? Le point sur la situation.

Le taux de recouvrement des factures d’eau est très bas : 23% pour les factures de 2014 et 21% pour le 1er trimestre 2015. Les abonnés, principalement les ménages, ne paient plus l’eau qu’ils consomment. Les dirigeants du Sivom admettent qu’il a prêté le flanc à la critique : polémique sur les nouveaux tarifs, incendie des locaux et retards de facturation ont entamé la confiance des usagers. Mais voilà qui n’excuse pas le refus de payer sa facture…

Scénario catastrophe ?

sivom-vkp-prix-de-leau-en-francs-cfpLa situation empêche le Sivom, qui rend véritablement un service, de trouver l’équilibre financier. Or, sans ressources, le réseau ne pourra plus être entretenu, la qualité de l’eau contrôlée, les compteurs posés, les stations de chloration maintenues opérationnelles… Le recours à des subventions publiques n’est pas possible non plus sur le long terme : il enfreint les règles de la comptabilité publique. C’est à l’utilisateur de payer l’eau, pas aux contribuables. Toutes les communes calédoniennes doivent assurer l’équilibre du service d’adduction d’eau. Et pour ceux qui pointent l’aide récemment octroyée par la province Nord au Sivom, précisons qu’elle n’est pas une subvention mais une avance… qui devra être remboursée.

Dissoudre le Sivom ?

sivom-vkp-recouvrement-des-facturesOn entend des voix demander la suppression du Sivom. Qu’adviendrait-il ? Les dettes du syndicat seraient redistribuées aux communes de Voh, Koné et Pouembout. Chacune prendrait donc une part de ce passif en fonction du nombre de ses abonnés et de son réseau ; elle serait contrainte de réaffecter des ressources municipales vers l’adduction d’eau et d’investir moins dans d’autres secteurs (entretien des bâtiments publics, travaux routiers, etc.).

Dissoudre le Sivom-VKP aboutirait en fait à transformer un problème en trois problèmes bien concrets.

sivom-vkp-consommation-moyenne-par-abonneA la suite d’un audit externe, le Sivom se restructure. Il doit faire des économies, certes, mais surtout obtenir que les abonnés s’acquittent de leur facture pour ce service public.

Poursuites

Le Sivom effectue actuellement des tournées d’information auprès de la population de VKP, pour la sensibiliser au fait que l’eau consommée doit être payée. Cette phase d’explication sera suivie d’une phase de poursuites et d’action coercitive, avec saisie directe sur compte bancaire par le Trésor public.

Malveillance, branchement illégal… Certains abonnés, facilement identifiables, se livrent à des manipulations frauduleuses des compteurs pour limiter le débit facturé, d’autres les démontent carrément pour se brancher directement sur la conduite ! Ils risquent, pour ces délits, une pénalité de 200 000 F. CFP plus les frais de remise en état. Ils seront contactés prochainement et, s’ils ne reviennent pas à la légalité, poursuivis ; en outre, leur alimentation en eau sera bridée.

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