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En Calédonie, la province Nord offre la victoire à Emmanuel Macron

Emmanuel Macron, trente-neuf ans, devient le huitième président de la cinquième République. En France, il l’emporte nettement, avec 66,06 % des voix, devant la candidate d’extrême droite, Marine Le...

Emmanuel Macron, trente-neuf ans, devient le huitième président de la cinquième République. En France, il l’emporte nettement, avec 66,06 % des voix, devant la candidate d’extrême droite, Marine Le Pen. La Nouvelle-Calédonie, aux réflexes conservateurs, l’a moins bien élu : c’est son score en province Nord, le meilleur de l’archipel et aux Iles Loyauté, qui lui assure la majorité des suffrages calédoniens.

L’abstention avait marqué le premier tour des élections présidentielles, en province Nord : 31,07% des électeurs s’étaient rendus aux urnes le 23 avril (soit seulement 12 412 votants). Le 7 mai, ils ont été près de 5 000 de plus à se mobiliser, haussant le pourcentage des votants à 43,48%.

FN : Front du Nord ?

Dans le nord calédonien, Marine Le Pen améliore son score de près de 2 000 voix : elle obtient 4 500 votes, contre 2574 au premier tour. Comme sur le reste du pays, le report des voix des électeurs de François Fillon (candidat malheureux de Les Républicains au premier tour) vers Emmanuel Macron, pourtant demandé par monsieur Fillon lui-même et les ténors de son parti (messieurs Juppé, Sarkozy, etc.,) n’a pas fonctionné. C’est la candidate de l’extrême droite qui a recueilli la majeure partie des voix loyalistes du premier tour : 2 265 chez les électeurs de Les Républicains et 242 voix chez ceux qui avaient voté pour Nicolas Dupont-Aignan (présenté par madame Le Pen, entre les deux tours, comme son futur premier ministre).

La course à l’échalote ?

Rappelons que les élus de la droite locale n’ont pas relayé l’appel de François Fillon ni des autres figures nationales de Les Républicains à voter pour Emmanuel Macron afin de faire barrage au Front national. Étaient-ils plus soucieux de ne pas « se faire barrage à eux-mêmes » aux prochaines élections législatives ? Emmanuel Macron s’était adressé à eux lors d’une interview accordée tout récemment au quotidien Les Nouvelles calédoniennes.

« Pensent-ils, eux qui sont loyalistes, qu’un programme mauvais pour la France peut être bon pour la        Nouvelle-Calédonie ?   Et pour la Nouvelle-Calédonie, pensent-ils vraiment qu’un gouvernement issu du Front national, familier de réflexes racistes et xénophobes, va préparer pour la Nouvelle-Calédonie un avenir apaisé dans la République ? »

 

 

 

 

L’appel de l’UPM et du Palika entendu

Emmanuel Macron décuple presque son score en province Nord, passant de 1 255 au premier tour à 11 929 voix. Cette mobilisation va bien au-delà du report des 4 718 voix de Benoit Hamon (candidat du parti socialiste français) et Jean-Luc Mélenchon (Les insoumis) au premier tour. Le candidat d’En Marche ! rassemble près de 6 000 voix supplémentaires, pour la plupart nouvelles. Au final, il est crédité de 72,61% des voix en province Nord, un score meilleur que celui obtenu au plan national. L’UPM, le Palika et Les progressistes, partis locaux qui avaient appelé à voter pour lui, semblent y avoir été entendus, quoique l’abstention y reste majoritaire, touchant 56,5% des électeurs. La province des Iles, où l’abstention a atteint 82,67% des votants, a aussi voté en faveur de monsieur Macron, qui y recueille 88,77% des suffrages (soit 3 138 voix sur 3 535 suffrages exprimés). De quoi faire peser la balance en faveur du jeune candidat en Calédonie, malgré le choix majoritaire des électeurs de la province Sud de soutenir madame Le Pen : sur les  71 139 suffrages exprimés en province sud, En Marche ! en obtient  32 822, (soit 46,14%) et le Front national 38 317 (soit 53,86%), avec une abstention de 38,21% (plus qu’au premier tour).

Un espoir pour les jeunes

Emmanuel Macron remporte l’élection présidentielle française, à la tête d’un parti qui n’existait pas il y a un an. Lui-même n’avait jamais été élu et était inconnu des Français avant sa nomination comme ministre de l’économie en août 2014. C’est un homme jeune, de trente-neuf ans. Seulement voilà, fils de médecins de santé publique, il travaille dur, depuis toujours. Au-delà des calculs politiques et des idéologies, cette élection n’enverrait-elle pas un message d’espoir à la jeunesse française ? Dans ce pays souvent considéré par l’opinion publique comme « vieux », « hostile aux réformes », « difficile à faire évoluer », on peut aujourd’hui devenir président de la République, presque « directement », en quelques mois, avec du travail et de l’audace. Des perspectives inédites pour les nouvelles générations.

4 675 : c’est le nombre de voix qui permet à Emmanuel Macron de devancer Marine Le Pen en Nouvelle-Calédonie. Sachant que le nombre de votants, en province Nord, a augmenté de 4 955 entre les deux tours et que les électeurs y ont choisi monsieur Macron à 72,6 %, on peut en tirer la conclusion que le vote du nord, complété par les voix des Iles, a apporté la victoire, localement, au nouveau président de la République.

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