EconomieNickelPartenaires du VKP Infos

Un seul cap : maîtriser l’outil de production

Koniambo Nickel SAS s’est fixé l’objectif de produire un peu plus de 20 000 tonnes de nickel en 2017 et d’atteindre sa production nominale d’ici fin 2020, au coût...

Koniambo Nickel SAS s’est fixé l’objectif de produire un peu plus de 20 000 tonnes de nickel en 2017 et d’atteindre sa production nominale d’ici fin 2020, au coût opératoire de 4 dollars US la livre. Cela signifie : faire fonctionner le complexe métallurgique de Vavouto de sorte qu’il donne toute sa performance. Comment ? «En maitrisant les processus sur le bout des doigts, en évitant toute erreur opérationnelle, c’est-à-dire en misant sur la rigueur et la sécurité » explique Sabrina Marlier, directrice des ressources humaines et de la communication.

Pour mener ses équipes à la performance, Koniambo Nickel SAS a engagé, depuis le début d’année 2017, une démarche qui introduit « la bonne posture managériale ». Cette démarche exige de la rigueur et de l’implication professionnelle, mais ne présente pas de difficulté : l’industriel veut développer les compétences de son personnel, savoir-faire et savoir-être en toutes circonstances. « L’un de nos atouts réside dans la jeunesse de nos managers, en majorité des employés locaux promus récemment pour remplacer les expatriés qui les avaient formés. Ils sont très engagés pour que ça marche. Mais c’est aussi un défi : il a fallu concevoir un programme de formation massif au respect des règles, au leadership, sur dix-huit mois », souligne madame Marlier. Le bilan est très positif, puisque beaucoup d’opérateurs ont atteint le statut de « manager de premier niveau » et acquièrent petit à petit la légitimité de « chef ».

« L’un de nos atouts réside dans la  jeunesse de nos managers, en majorité des employés locaux… Ils sont très engagés… »

Avec la sécurité, vient la rigueur

Dans ce processus, les agents de l’entreprise ont eux-mêmes défini le cadre managérial souhaité. Koniambo Nickel SAS a diligenté un sondage pour savoir ce qu’ils attendaient de leur hiérarchie. Sondage plébiscité. Les résultats ont été exploités selon la méthode « Lominger », qui vise à accroitre la performance des organisations en procédant à une évaluation du savoir-faire et du savoir-être de leurs collaborateurs puis en déclinant les compétences requises en comportements concrets1. Chez Koniambo Nickel SAS, les managers disposent ainsi d’un « répertoire des comportements » attendus et des outils les aident à adopter ces bons comportements. Les notions de sécurité et de rigueur y sont capitales. « Nous sommes parvenus au respect d’un certain palier de sécurité en suivant un programme  nommé Safe nickel dont nous déployons le dernier volet. Il consiste à faire adopter la bonne posture managériale dans la communication et la conduite des équipes, pour qu’elles intègrent les consignes de sécurité et en viennent à s’autoréguler », détaille Sabrina Marlier. Ce programme, conforme au modèle Lominger, promeut quatre axes : être orienté vers l’action, valoriser le capital humain, assurer la rigueur opérationnelle et un bon climat de travail. « Nous apprenons actuellement à travailler. La rigueur vient en s’imprégnant de la sécurité, nous devons connaitre et maitriser les procédures. Savoir produire, c’est savoir produire en toute sécurité. »

« Nous apprenons actuellement à travailler. Savoir produire, c’est savoir produire en toute sécurité. »

Tous impliqués, de l’opérateur au manager

Pour que les équipes adoptent la posture de travail souhaitée, Koniambo Nickel SAS « forme et informe en cascade », du sommet de la hiérarchie à sa base. Elle mise sur les managers de premier niveau, qui ont pour mission de faire adhérer leurs équipes aux enjeux de la sécurité et de la qualité. « C’est un point cardinal de la gestion des ressources humaines. Nous portons autant d’intérêt au savoir-être qu’au savoir-faire. Une personne qui travaille bien mais enregistre un comportement déviant n’évoluera pas », affirme madame Marlier. Chacun doit comprendre son rôle dans le fonctionnement de l’entreprise et agir pour faire progresser la rigueur : il faut arriver à l’heure avec ses équipements de protection individuelle, ne pas être sous l’emprise de la drogue ni de l’alcool… «Tout le personnel est soumis à un test d’alcoolémie à sa prise de poste et souffle dans le ballon, une mesure bien acceptée malgré les licenciements qu’elle a engendrés. » Dans ce nouveau processus de gestion des ressources humaines, l’industriel appuie ses managers par une campagne de communication interne associant le service Hygiène et sécurité.

Koniambo Nickel SAS estime avoir aujourd’hui mis en place les outils pour promouvoir la rigueur opérationnelle voulue. Ces outils ont un impact positif sur la dynamique des équipes après l’épisode douloureux du plan de licenciement en 2016. Sabrina Marlier conclut : « Nous voulons instaurer la culture du résultat. La démarche évoquée nous aide à diriger dans le contexte actuel de faible visibilité sur le marché. Nos actionnaires nous soutiennent tout en exigeant beaucoup de nous car selon eux, en période difficile, l’entreprise doit compter sur ses propres efforts. Nous n’avons donc que le choix d’être performants, mais nous en avons les moyens ».

1. Fondée en 1991, la société Lominger (réunissant deux sociologues américains, Mike Lombardo et Bob Eichinger) offre une méthode de perfectionnement du leadership assise sur le déploiement de 67 compétences clés. Elle propose aux entreprises de passer d’un modèle valorisant uniquement diplôme et expérience professionnelle à une philosophie tournée vers les compétences. On identifie ainsi si les compétences clés sont maitrisées dans la structure ; on les décline ensuite en outils concrets qui permettent au manager de les acquérir et de les mettre en œuvre pour contribuer au succès de l’entreprise. La méthode Lominger s’appuie sur quatre notions : le savoir, le savoir-faire, le savoir-être et le savoir- agir. De nombreuses entreprises l’utilisent. Parmi elles, Apple ou Google.

Lire aussi dans ce dossier :

Nickel, la fin des cycles ?

« NMC n’a qu’une option : se rénover, travailler mieux et produire plus »

4 dollars la livre, le Graal de la SLN

Rubriques
EconomieNickelPartenaires du VKP Infos

A LIRE ÉGALEMENT

En poursuivant votre navigation, vous acceptez le dépôt de cookies tiers destinés à vous proposer des vidéos, des boutons de partage, des remontées de contenus de plateformes sociales.

VISA Location