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« NMC n’a qu’une option : se rénover, travailler mieux et produire plus »

Didier Ventura, le président de NMC, filiale minière du groupe métallurgique SMSP, est catégorique : son entreprise a pour enjeu principal d’améliorer sa productivité. Elle doit en effet augmenter...

Didier Ventura, le président de NMC, filiale minière du groupe métallurgique SMSP, est catégorique : son entreprise a pour enjeu principal d’améliorer sa productivité. Elle doit en effet augmenter massivement sa livraison de minerai de nickel à l’usine codétenue avec l’aciériste Posco en Corée du Sud. Partie d’une production de 1,7 million de tonnes de minerai en 2014, NMC doit atteindre l’objectif de 3,5 millions de tonnes en 2017. Comment s’y prend-elle ?

NMC le sait bien : il lui faut doubler sa production alors même qu’elle peinait à fournir les 1,8 million de tonnes requises par l’usine de sa société sœur SNNC, entrée en service à Gwangyang en 2008. En parallèle, son coût opératoire, encore au-dessus de 10 000 dollars US la tonne de nickel, devra, comme pour les autres opérateurs miniers, descendre à 9  000  dollars US la tonne, soit un peu plus de 4  dollars US la livre de nickel. « La solution  réside avant tout dans la modernisation  de notre outil de production. Nous avons décidé un plan d’investissement de 16  milliards  XPF pour améliorer notre productivité dans nos cinq mines, assez anciennes, explique Didier Ventura. Les banques coréennes nous ont consenti un financement. »
Pour son bond en avant, NMC a acquis deux unités de traitement du minerai (« scalpers ») coûtant 700 millions XPF l’unité et rénove celle de son centre minier de Kouaoua. Ces équipements permettront d’automatiser le tri du minerai, d’en récupérer davantage pour accroitre le tonnage produit et d’améliorer sa teneur en nickel. Le centre de Nakety aura aussi son nouveau scalper. Le plan d’investissement a, par ailleurs, renouvelé le matériel roulant des sites miniers, les dotant d’engins aux technologies modernes, avec GPS et système de conduite centralisée. « Nous aurons ainsi les moyens d’optimiser les flux, de mesurer la productivité, d’améliorer la sécurité. » NMC a choisi d’équiper ses centres en camions articulés de plus grand tonnage pour charger plus de minerai. La mine de Poya en met actuellement un de 60 tonnes à l’essai.

Focus sur le capital humain

Deuxième objectif du plan d’investissement, l’amélioration des conditions de travail du personnel, qui doit « produire mieux ». Le groupe SMSP a la réputation de ne pas toujours porter beaucoup d’attention à la gestion des ressources humaines : reviendrait-il à plus d’orthodoxie dans son management ? NMC a modernisé les locaux et laboratoires des centres miniers, dont certains étaient plus que vétustes et les dote en personnel suffisant. « Au-delà de la question de la rénovation, il nous fallait rendre nos centres miniers plus autonomes dans leur fonctionnement. Les locaux utiles à l’exploitation sont désormais situés sur mine, NMC y embauche et y relocalise son personnel », confirme monsieur Ventura. C’est le leitmotiv de la stratégie en application : structurer NMC en conférant davantage de responsabilité aux centres dans la recherche de productivité, une prérogative attendue depuis longtemps dans ce groupe archi-centralisé. Le siège administratif de Nouméa compte aujourd’hui moins d’une centaine d’employés sur 645, dédiés aux fonctions transversales au service des sites miniers. Autre volet de cette restructuration du travail : la modification des rythmes. Les centres de Ouaco et Poya sont passés au travail au quart. Les mines sont exploitées dix-huit heures sur vingt-quatre pendant la semaine et dix heures le dimanche. NMC fait donc tourner deux postes la semaine, de 4h à 22h chaque jour, et un poste le weekend. Le temps d’arrêt des engins sert à effectuer le plein de carburant et le premier niveau de maintenance. Enfin, le personnel est accompagné pour mieux utiliser le matériel – les gains de productivité passent aussi par la formation, NMC l’a compris.

Deuxième objectif du plan d’investissement, l’amélioration des conditions de travail du personnel, qui doit « produire mieux ».

Où sont les économies ?

En parallèle, l’entreprise réalise des économies sur tous les achats « qui n’affectent pas directement la production ». NMC poursuit l’objectif de réduire ses coûts de sous-traitance, même si elle se heurte aux petits entrepreneurs rusés de la mine… Son responsable des relations communautaires, aidé d’un consultant spécialisé, dialogue avec ces entrepreneurs pour les mener à améliorer leur productivité et à baisser leurs prix… « L’opération n’est pas sans à‑coups », commente Didier Ventura. « Le but de ces efforts de structuration est logique : nous devons produire de façon soutenue et durable pour livrer chaque année les tonnages attendus par l’usine de Corée en vertu d’un plan minier défini avec elle. » NMC a dépêché chez SNNC Robert Wamynia, ingénieur calédonien polyglotte, pour y renforcer le contrôle qualité. Une démarche à laquelle le groupe minier va devoir s’accoutumer très rapidement.

 

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