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4 dollars la livre, le Graal de la SLN

Les 9,9 milliards XPF d’économies que la Société Le Nickel-SLN a réalisés en 2016 ne sont pas suffisants pour garantir sa pérennité. Eramet, son actionnaire principal et l’Etat, ont...

Les 9,9 milliards XPF d’économies que la Société Le Nickel-SLN a réalisés en 2016 ne sont pas suffisants pour garantir sa pérennité. Eramet, son actionnaire principal et l’Etat, ont dû lui consentir 200 millions d’euros de prêts pour la maintenir à flot. Ces avances sont assujetties à l’amélioration de ses résultats financiers. La SLN connait donc, début 2017, les mêmes défis que sa concurrente NMC : il lui faut réduire le coût de production de ses mines (« cash-cost ») à 4,5 dollars US la livre de nickel. C’est le principal objectif du « plan de performance SLN 2018 ».

Les employés de la SLN s’entendent dire quotidiennement que la crise n’est pas finie, que le marché du nickel reste très incertain, que le coût de production doit se rapprocher de 4 dollars US la livre, le Graal des mineurs, fin 2017, quand il se montait à 6 dollars la livre il y a moins de deux ans. Après le plan SLN 2018, il y a aura SLN 2020, puis peut-être 2022… Que prévoit cette stratégie ? D’améliorer la productivité de l’entreprise dans tous les domaines, humains et matériels. La réorganisation est de mise sur les métiers traditionnels, on cherche des marges complémentaires sur des marchés nouveaux (de la vente de minerai à la Chine à la valorisation des scories) ; la sous-traitance est limitée. « Nous suivons un plan concret, pragmatique et ambitieux, qui concerne toutes les fonctions, tous les métiers et champs d’intervention de la SLN », affirme Guillaume Kurek, directeur de « l’amélioration opérationnelle ». Les effectifs ont diminué, d’abord par la fermeture de l’atelier Bessemer qui produisait des mattes de nickel pour le site d’Eramet à Sandouville ; soixante postes ont ainsi disparu fin 2016. Deux cents autres connaîtront bientôt le même sort « sans licenciement sec ni baisse de rendements ».

Les centres miniers au crible

La rationalisation des opérations sur mine s’impose. Elle devrait permettre 70 cents d’économie sur les 1,5 dollar par livre recherchés. PRO-DUC-TI-VI-TE, c’est le maître-mot pour les cinq centres de la SLN, de Kouaoua à Koumac, ce qui s’accompagne d’une modernisation des processus. « Ce n’est pas un plan social, répète la direction, nous ciblons la performance. » Le plan 2018 limite par exemple le nombre de salles de contrôle : de cinq (une par centre minier, ce qui occupait cinq personnes par quart), la SLN devrait passer à une seule. Les embauches sont dorénavant régulées en fonction des projections d’organisation future des centres.

« Ce n’est pas un plan social, nous ciblons la performance. »

Le management des performances de chaque centre minier est « intégré » pour la sécurité, l’environnement, la production, la qualité et les coûts. C’est-à-dire ?
Chaque domaine doit maintenant répondre à des indicateurs-clés définis comme nécessaires à la performance globale de l’exploitation. Pour y parvenir, les ingénieurs de la SLN, assistés d’intervenants extérieurs spécialisés, améliorent les processus de travail. Ils suivent les indicateurs lors de « rituels de suivi de la performance » organisés physiquement dans des « espaces Performance » installés dans chaque secteur de production. En d’autres termes, en quinze minutes, les équipes font, quotidiennement ou sur un rythme hebdomadaire, le point de l’exploitation courante par rapport aux indicateurs de performance. Ils détectent les défaillances et définissent immédiatement les corrections à apporter. Cet exercice standardisé est régulièrement audité. En parallèle, sur mine, un point est fait tous les matins entre 5h et 5h10 sur l’arrivée des agents, le départ des camions, le rendement du poste. Ce rituel permet aux secteurs du centre de se coordonner pour la journée. « La clé du succès réside dans la régularité et la systématisation de ces réunions courtes. Elles permettent de s’assurer que le centre minier est sur les bons rails et de rectifier le tir dans le cas contraire », conclut monsieur Kurek.

Les mines à l’heure du numérique

L’exploitation sur centre minier est auditée par des rondes d’exploitation quotidiennes à l’aide d’outils numériques. Ainsi, munis d’une tablette tactile 3G, les techniciens consignent les irrégularités, suivent la performance des conducteurs, les positions d’attente des dumpers, les talutages à réaliser. Pour la maintenance, les agents envoient directement leur diagnostic au sous-traitant qui pourra intervenir aussitôt. La mise en place de ce plan « d’excellence opérationnelle » n’a pas exigé d’investissements majeurs : achat de quelques outils numériques, modernisation des outils de conduite centralisés, la SLN compte surtout sur la compréhension des ressources humaines auxquelles il est demandé de redoubler d’efforts et de rigueur.

 

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