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Koniambo Nickel SAS reprend du souffle

Les années 2015 et 2016 ont été marquées par l’inquiétude. Inquiétude devant les annonces successives de Koniambo Nickel SAS sur son activité : incidents graves entravant le fonctionnement des fours...

Les années 2015 et 2016 ont été marquées par l’inquiétude. Inquiétude devant les annonces successives de Koniambo Nickel SAS sur son activité : incidents graves entravant le fonctionnement des fours de son usine fin 2014 ; réduction drastique du recours à la sous-traitance mi-2015 ; plan de licenciement économique de quarante-sept employés locaux fin 2016. Quand on sait ce que les élus, entreprises et habitants du nord, ont misé sur le projet Koniambo… La belle énergie des débuts a semblé s’évanouir. Pourtant, rien d’exceptionnel à ce qu’un complexe métallurgique d’une telle envergure mette du temps à ajuster son fonctionnement ; rien d’exceptionnel à ce qu’une société capitalistique de plusieurs centaines de salariés adopte, en période de ralentissement économique, une démarche guidée par son actionnariat financier international et licencie. La Nouvelle-Calédonie fait son apprentissage de l’activité industrielle à l’échelle mondiale…

Depuis le 2 décembre 2016, la pression retombe. Koniambo Nickel SAS a révélé à la presse avoir reçu le financement de son actionnaire Glencore pour la reconstruction du four de la ligne n°2 de l’usine. Les travaux commenceront en janvier 2017 pour une mise en service un an plus tard. En parallèle, le four n°1, reconstruit et remis en route début 2016, fonctionne correctement. L’entreprise compte atteindre sa pleine capacité de production, soit 55 000 tonnes par an, en 2022. En 2016, elle a produit, malgré ses vicissitudes, 9 500 tonnes de nickel, soit une amélioration de quelque 25% par rapport à 2015. Paul Néaoutyine, le président de la province Nord, s’est investi pour obtenir la confirmation de l’implication de Glencore. Il a accompagné le géant du négoce international suisse dans ses négociations avec l’Etat, pour conserver le bénéfice de la défiscalisation qui portait sur la construction de la centrale électrique de Vavouto. Avec succès.

Cette période tendue aura été  riche d’enseignements. D’abord, on aura vérifié que les Calédoniens sont plutôt dociles et faciles à convaincre, quand on leur dit qu’il y a un « intérêt pays » et qu’il faut « sauvegarder l’outil de production ». On l’a vu pendant des décennies avec la SLN, de plan d’économie en plan d’économie. Même l’USTKE s’est opposée au conflit social chez Koniambo Nickel SAS et s’est demandée comment « rester compétitifs ». Ensuite, on aura senti le faible poids que pèse la SMSP, actionnaire majoritaire de Koniambo Nickel SAS, quand il faut résoudre des questions cruciales, financières, techniques ou humaines, c’est-à-dire l’essentiel des questions qui se posent dans la gestion d’une entreprise industrielle. Sofinor et SMSP sont restées muettes. Enfin, on se sera frotté à la dure loi des marchés, à laquelle nous ouvrons la porte en continuant de vouloir produire et vendre du nickel, parce que cette activité serait indispensable à notre survie  économique.

Quoi qu’il en soit, réjouissons-nous à l’approche de Noël, le projet qui fédère le rééquilibrage économique consolide ses fondements. Et souhaitons que, sans gaspillage, sans complaisance, Koniambo Nickel SAS poursuive le travail qu’elle avait entamé, en faveur de la formation des Calédoniens, du déploiement du tissu économique local, de la recherche environnementale.

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