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Vingt ans de pouvoir

Le président de l’assemblée de la province Nord, Paul Néaoutyine, a souhaité s’exprimer dans le VKP Infos. Nous l’en remercions. L’échange s’est fait par écrit : nous publions ici...
Photo : Eric Dell'Erba

Le président de l’assemblée de la province Nord, Paul Néaoutyine, a souhaité s’exprimer dans le VKP Infos. Nous l’en remercions. L’échange s’est fait par écrit : nous publions ici certaines de ses réponses1. En effet, monsieur Néaoutyine ne nous a pas reçus comme nous l’avions naturellement demandé pour discuter directement les sujets abordés et approfondir ses positions. Nous aurions pu, face à lui, préciser les questions qu’il a jugées « indécentes » ou « orientées » et lever les incompréhensions. Une prochaine fois. Ce procédé, comme parfois le contenu des réponses du président, sont-ils signes qu’il s’est laissé vaincre par l’isolement du pouvoir, détenu depuis 1999 ? Paul Néaoutyine trouve-t-il une contradiction saine parmi ses équipes rapprochées ? Garde-t-il prise avec la réalité ? Vous en jugerez vous-mêmes, chers lecteurs. Quelques « notes de la rédaction » viennent commenter les réponses du président qui mettent en cause, un peu rapidement, le VKP Infos.

VKP Infos : Que retient le bilan de l’Accord de Nouméa dressé par le « groupe de dialogue sur le chemin de l’avenir2 » en ce qui concerne spécifiquement la province Nord ?

Paul Néaoutyine : Le bilan de l’Accord de Nouméa est plutôt positif pour le pays et pour le nord en particulier, même s’il reste beaucoup à faire. Dans le nord, le rétablissement des toponymes kanak, l’enseignement des langues kanak, l’extension du lycée Michel Rocard qui permettra d’accueillir plus de mille élèves, la création d’une antenne de l’Université de Nouvelle-Calédonie à Koohnê, le développement économique, la création d’emplois, témoignent des avancées issues de l’Accord de Nouméa. En 1996, le raccordement en eau en province Nord était inférieur de 40 % à celui de la province Sud : en vingt ans, cet écart a été ramené à 6 %. Un nouvel hôpital vient de voir le jour.
Pour autant, le rééquilibrage n’est pas achevé. La prospérité relative de Nouméa est assise sur plus d’un siècle de développement privilégié d’une économie de comptoir générant sur la capitale une démographie plus importante. Vous le savez comme moi, une politique de développement volontariste reste d’actualité pour le nord. Nous avons ainsi mis en place des activités de diversification économique via Sofinor et Nord Avenir3 . Vingt ans après la signature de l’Accord de Nouméa, le rééquilibrage se heurte encore à des tentatives
de contournement de la clé de répartition pour soustraire de l’assiette fiscale certaines ressources financières. Autre frein au rééquilibrage : les charges indûment payées par les provinces alors qu’elles relèvent de la Nouvelle-Calédonie. Pour la province Nord, la note s’élève à plus d’une dizaine de milliards par an qui, s’ils étaient affectés à nos seuls domaines de compétences, permettraient de faire plus et mieux pour nos concitoyens.

VKP Infos : En juillet 2018, vous avez regretté auprès du Premier ministre, Edouard Philippe, un déséquilibre médiatique dans la campagne électorale pour le référendum d’autodétermination. Le « Non » était selon vous davantage promu que le « Oui ». Que font les partisans du « Oui » auprès des Calédoniens pour rétablir le bon équilibre ?

Paul Néaoutyine : J’ai rencontré le Premier ministre lors de ma dernière mission à Paris pour demander que l’État dise de façon équitable ce qui va se passer si le « Non » l’emporte et si le « Oui » l’emporte. J’ai été entendu. C’est la démarche entamée au nom de l’UNI pour rétablir l’équilibre. Cela permettra aux citoyens calédoniens d’être informés par l’État de façon équilibrée, ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle dans les médias. Il ne vous aura pas échappé que la plupart des médias de ce pays, dont le vôtre, ne sont pas en faveur des
thèses indépendantistes. Nos adversaires prédisent que si le « Oui » l’emporte, le pays va s’enfoncer dans l’inconnu, dans un trou noir, dans le chaos. Mais la réalité sera toute différente : nous entrerons dans une phase de transition au cours de laquelle la continuité
des services publics et des institutions sera assurée, c’est-à-dire que les institutions continueront à fonctionner et que nos enfants continueront d’aller à l’école et à bénéficier de leurs bourses, que les personnes âgées continueront à toucher leurs retraites, se soigner, bénéficier de l’aide médicale gratuite, etc. Voilà ce que nous souhaitons qu’il soit dit.

Note de la rédaction

Le jugement de Paul Néaoutyine sur les media qui l’interrogent n’engage que lui. Précisons que le VKP Infos est un journal indépendant du pouvoir politique, dont le seul objectif, depuis sa création fin 2007, est d’informer les lecteurs sur le développement de la province Nord (la région VKP en particulier). Commenter et exercer un esprit critique sur l’action de la collectivité provinciale (élus et administration) ne signifie pas adopter des positions « anti-indépendantistes » ; la démarche procède simplement d’une logique démocratique et d’une volonté de réflexion. Le VKP Infos s’efforce ainsi de poser des questions (en évitant les polémiques faciles) et d’en attendre des réponses chiffrées, étayées, instructives, plutôt que des généralités sans valeur ajoutée pour le lecteur.

VKP Infos : Quels projets, quelles réalisations, la province Nord peut-elle avancer pour amener les Calédoniens à accepter l’idée d’une Nouvelle-Calédonie « état souverain » ?

Paul Néaoutyine : Tous ceux qui ont connu la province Nord il y a trente ans et la revoient aujourd’hui peuvent en mesurer les changements et les progrès. Qui a vu Koohnê hier et voit Koohnê aujourd’hui le remarque immédiatement. La création de Koniambo Nickel SAS dont la collectivité détient indirectement 51 % des parts, a permis le développement des secteurs du bâtiment, de la sous-traitance, du commerce et des services ; elle a généré de la consommation et bon nombre d’activités périphériques matérialisées dans les zones d’activités, y compris sur terre coutumière. Notre stratégie minière, entièrement axée sur la maîtrise de la ressource nickel et sa valorisation sur place ou dans nos usines offshore, en Corée du Sud et bientôt en Chine, dont les dividendes retombent ou retomberont dans les caisses publiques, démontre que nous, Indépendantistes, non seulement nous ne bradons pas nos matières premières mais nous ramenons au pays la valeur ajoutée quand d’autres investissent à l’étranger, sur la Gold Coast, dans les paradis fiscaux et jusque dans les pays du Golfe. Voilà ce que fera un pays souverain : poursuivre dans cette voie créatrice d’activités, de richesses et d’emplois.

VKP Infos : Le FLNKS a fait paraître les grandes lignes de son « projet d’indépendance », présenté comme commun à l’UNI-Palika et à l’Union calédonienne. Est-ce crédible ? Ces partis indépendantistes partagent-t-il suffisamment d’orientations politiques et économiques pour permettre la concrétisation d’un tel projet ?

Paul Néaoutyine : D’abord, la dénomination « UNI-Palika » n’existe pas. Le Palika est un parti, l’UNI est un groupe politique issu d’une coalition entre l’UPM, le Palika et, plus largement, des personnalités de la société civile qui partagent avec nous l’ambition de construire un pays dans les conditions d’aujourd’hui – puisque nous gérons déjà ensemble la province Nord – et dans le cadre du futur état souverain que nous appelons de nos voeux. La campagne pour le « Oui » est menée dans le cadre du FLNKS. Est-ce crédible ? Eh bien, nous apportons la preuve à travers la campagne, que non seulement c’est crédible, mais que c’est une réalité. Nous sommes unis sur l’essentiel au-delà des sensibilités différentes. S’il faut chercher des divisions et un manque de crédibilité, c’est plutôt du côté de nos adversaires politiques qui ne cessent depuis des années de se disputer, de se réconcilier, de se déchirer à nouveau. La fameuse plate-forme censée réunir les partis loyalistes pour le référendum a volé en éclat à peine signée. Le FLNKS, lui, aborde le référendum dans l’unité et la sérénité. De ce point de vue, nous sommes largement plus crédibles que nos adversaires, il n’y a pas photo.

Note de la rédaction

Le VKP Infos se permet un regret : Paul Néaoutyine choisit la défensive plutôt que d’utiliser ses colonnes pour expliquer les grandes lignes du projet indépendantiste susceptibles d’obtenir l’adhésion de la population. Notre scepticisme sur l’unité du projet UNI-Union calédonienne demeure, puisque l’UNI expose depuis longtemps son appétence pour une indépendance en partenariat avec la France, tandis que l’Union calédonienne a adopté la position tranchée d’une indépendance pure et simple (voir notamment les propos de Daniel Goa et Roch Wamytan dans la presse ces dix dernières années).

 

VKP Infos : Ce projet d’indépendance apporte-t-il aux Calédoniens de l’originalité, tirée du caractère multiculturel de notre pays par exemple, par rapport aux institutions occidentales traditionnelles, ou n’en est-il qu’une pâle copie ?

Paul Néaoutyine : Je vous remercie de nous interroger sur notre projet car c’est la preuve que nous, au moins, nous en avons un, alors que nos adversaires n’en ont aucun dans aucun domaine. Ils ne proposent rien d’autre que le statu quo : on fait comme d’habitude, ça n’est pas un projet ça ! C’est tout ce qu’ils ont à proposer à une jeunesse avide de changements et qui rêve d’un autre monde plus solidaire. Le projet de société du FLNKS a fait l’objet d’une publication. C’est un projet pluriculturel. L’UNI a produit un document de 80 pages qui définit le droit à la différence, les droits individuels, les droits collectifs, la place des valeurs océaniennes, la place de la coutume dans la citoyenneté et dans la
vie institutionnelle comme dans la représentation de toutes les communautés dans une Chambre des Représentants. Nous avons un projet novateur qui colle aux réalités du pays et qui contraste avec la pâle copie de l’existant promue par nos adversaires.

VKP Infos : D’après vous, la droite coloniale des années 80, issue du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR), a-t-elle évolué sur sa vision de la société calédonienne, du développement et des rapports
ethniques, en trente ans ?

Paul Néaoutyine : De toute évidence, les partis représentatifs de la droite coloniale qui tiennent aujourd’hui le même langage ou un langage approchant celui qu’ils tenaient avec le RPCR dans les années 80, alors que le pays a beaucoup changé ces trente dernières
années, sont promis à disparaître. Ils connaissent déjà de grosses crises internes. Le vieux RPCR a explosé en plusieurs partis qui ne cessent de se diviser. Le parti de droite le plus sensible à l’évolution du pays a supplanté ses adversaires à toutes les élections. Pour autant,
sa volonté affichée de dialogue a montré ses limites. Comme les autres Loyalistes, il ne veut pas discuter du sujet de la pleine souveraineté.

VKP Infos : Ce parti, Calédonie Ensemble, se positionne comme progressiste, capable de rassembler sans clivage ethnique. Idéalisme, démagogie, réalisme, qu’en pensez-vous ?

Paul Néaoutyine : Je n’ai pas pour habitude de traiter mes adversaires politiques de démagogues. J’ai pris acte simplement que pour Calédonie Ensemble, Philippe Michel, interrogé récemment sur une radio locale, a dit que l’issue qu’ils attendent – la victoire du « Non » – risque surtout de générer des désordres. Je constate donc qu’ils ne croient pas à leur propre slogan de campagne d’une « Calédonie apaisée dans la France ». Calédonie Ensemble, rejoignant les positions de Pierre Frogier, estime qu’il ne faudra pas recourir à un deuxième ni à un troisième référendum. Nous sommes d’accord : il ne sera pas nécessaire de recourir à un deuxième puis un troisième référendum si le « Oui » l’emporte dès le 4 novembre. Par contre, si le « Non » l’emporte, l’Accord de Nouméa et la loi sont clairs : on ira au référendum suivant. Calédonie Ensemble trouve ce processus référendaire « dangereux » ? Eh bien qu’ils en tirent les conséquences. Depuis 1958, on est passé
de statuts provisoires en statuts provisoires, qui organisent une instabilité permanente dont les Calédoniens sont fatigués. Le seul moyen d’en sortir par le haut, dans la stabilité nécessaire au développement économique et dans une paix durable, c’est l’indépendance.
Au final, il n’y a pas d’autre choix rationnel, réaliste et raisonnable que celui d’une solution politique définitive et statutaire qui mette fin à l’incertitude et permette au vivre ensemble et à la communauté de destin que nous bâtissons depuis trente ans de s’ancrer durablement. Une seule solution politique le permet et nous le savons tous : c’est la pleine souveraineté et l’indépendance.

VKP Infos : Le projet d’indépendance, en partenariat avec la France, reste-t-il central selon l’UNI-Palika, dans l’évolution du pays ?

Paul Néaoutyine : L’UNI considère que le « Oui » à la consultation du 4 novembre ouvre nécessairement une phase de transition. Le Parlement français en fixera le terme pour proclamer l’indépendance. Le nouvel état indépendant devra statuer dans de nombreux domaines, notamment sur les droits des étrangers, la nouvelle nationalité… Ceux qui souhaiteront rester français le pourront. Certains voudront la double nationalité : il faudra ouvrir une négociation avec l’État français qui débouchera sur un partenariat en la matière. Nous conclurons nécessairement et progressivement d’autres partenariats avec les pays environnants et la France pour d’autres questions, par exemple sur la protection de la zone économique exclusive maritime. Ces partenariats s’établiront d’état et à état, au fur et à mesure de la mise en place des institutions. Cependant, nous devrons clarifier et négocier les domaines de compétence relevant d’un partenariat ou d’une coopération pendant la période transitoire ; il faudra sans doute donner certaines garanties dans la constitution du nouvel état souverain.

VKP Infos : Tant dans les partis loyalistes que dans les partis indépendantistes, les dirigeants politiques sont les mêmes qu’il y a trente ans. On trouve peu de gens plus jeunes, débarrassés des démons des « Evénements » et soucieux de développer concrètement le pays. Pourquoi ? L’UNI-Palika fait-il le nécessaire pour permettre à de tels jeunes d’émerger ? La jeunesse a-t‑elle perdu son audace, en trente ans ?

Paul Néaoutyine : La génération dont je fais partie a fait avancer, avec des personnes qui parfois y ont laissé leur vie, la cause que nous défendons : l’accession à l’indépendance, la justice sociale et un développement durable en lieu et place de l’économie de comptoir coloniale. Le passage du témoin aux jeunes générations est en cours. Qu’est-ce que le Pays peut faire pour sa jeunesse ? Tous les dispositifs d’enseignement et de formation continue, 400 Cadres devenu Cadre Avenir, les créations d’emplois dans le nord, la loi sur l’emploi local, rien de tout cela n’aurait vu le jour sans les Indépendantistes. La question n’est pas seulement de savoir ce que le Pays peut faire pour sa jeunesse, c’est aussi qu’est-ce que la jeunesse peut faire pour le Pays ? Les jeunes générations ont du respect pour leurs aînés ; elles n’ont pas d’abord « une place » à prendre mais un combat à continuer, à enrichir, à leur façon et avec leurs compétences et convictions. Ce combat est enthousiasmant c’est un pays neuf à construire, un pays solidaire, plus équitable, soucieux de son environnement, fraternel, pluriculturel. C’est un beau chantier pour la jeunesse que certains stigmatisent alors qu’elle est animée par de grands idéaux, démocratiques, antiracistes,
anti-sexistes, écologiques. En tout cas, au sein de l’UNI, beaucoup de jeunes dont des femmes, sont déjà, même si cela ne se voit pas, dans l’exercice des responsabilités.

VKP Infos : Le projet Koniambo a fondé le développement de la région VKP. Pensez-vous que la province Nord est parvenue à fixer des objectifs à ce développement ?

Paul Néaoutyine : Nous avons considéré qu’un profond rééquilibrage n’était possible que s’il était porté par un investissement économique d’envergure : c’est l’usine du Nord. L’action de la province dans le domaine économique intervient donc principalement en matière d’investissement et d’aménagement. Notre stratégie de développement a été d’agir dans les champs de compétences provinciaux en réalisant des équipements structurants, en soutenant l’investissement privé, du plus modeste au plus élevé, en favorisant la professionnalisation des acteurs, en misant aussi sur la recherche. Dans cette approche, les besoins liés à l’implantation de l’usine du Nord ont été dès le départ préparés, anticipés et encadrés. Il était clair que la localisation de l’usine allait générer un pôle de développement et que la question du rééquilibrage est-ouest serait un point à prendre en considération. Quand le projet d’usine s’est précisé, la province Nord a engagé, avec le
soutien de l’État, la réalisation d’un SDAU (schéma de développement et d’aménagement urbain). Ce schéma directeur a permis d’avoir une vision globale dès le départ du développement de la zone VKP. Concernant l’usine du nord, il est intéressant de mesurer la différence d’impact en termes d’aménagement du territoire entre l’usine de Goro et l’usine de Vavouto.

VKP Infos : Plus d’automobiles, plus de supermarchés, plus de surpoids et d’obésité en province Nord. Ces trente ans de « développement » auraient-ils essentiellement mené les habitants à la surconsommation et la culture de l’argent ?

Paul Néaoutyine : Avant la provincialisation, les populations qui ne pouvaient pas se déplacer jusqu’à Nouméa devaient se contenter de l’offre commerciale des réseaux de distribution nouméens dans le nord. Aujourd’hui l’offre est nettement plus large. La consommation est un levier économique important de l’économie de marché. Cependant, les questions de surcharge pondérale sont des problèmes sanitaires qui interpellent de nombreux pays, au premier rang desquels les États-Unis. Dans le Pacifique, la colonisation a chamboulé les habitudes alimentaires traditionnelles entraînant des problèmes de surpoids, de diabète, de maladies cardio-vasculaires. En Calédonie, 54 % de la population adulte est en situation de surcharge pondérale dont 26 % d’obèses. 32 % des enfants de six ans sont déjà en surpoids, dont 11 % d’obèses. C’est une situation à laquelle nos institutions essaient de remédier par une politique d’éducation, d’information et de prévention, dans le plan de santé Do Kamo, initié par Valentine Eurisouké en charge de la santé au gouvernement. Quant à la culture de l’argent, je ne pense pas du tout que dans le nord, les gens cherchent à travailler ou à créer des activités d’abord par goût ou par culture de l’argent. Ils le font parce qu’ils veulent contribuer à un mieux-être de leurs familles, participer à la vie sociale, améliorer leurs conditions de vie y compris en tribu et contribuer au développement de la province et du pays.

VKP Infos : Quelles exigences avez-vous aujourd’hui, en tant qu’actionnaire indirect de Koniambo Nickel SAS, pour que cette entreprise offre des retombées économiques au pays ?

Paul Néaoutyine : La formulation de votre question est tendancieuse, c’est la collectivité qui est indirectement actionnaire de KNS, pas moi individuellement. Les retombées économiques générées par la construction et l’activité de KNS pour le pays et pour le nord existent déjà, en matière d’emplois, de salaires, d’activités induites, de consommation, d’équipement, etc. Les retombées directes sous forme de dividendes viendront plus vite que vous le pensez dans la mesure où la SMSP a choisi de participer à la dette junior afin de raccourcir les délais d’un retour financier. Par ailleurs, pour la SMSP, les retours sont déjà effectifs, elle a ainsi perçu 9,7 milliards XPF de dividendes de son usine SNNC en Corée du Sud, entre 2009 et 2014. En matière économique, rien ne se décrète sur un coup de baguette magique cependant les retombées, déjà spectaculaires pour le pays, sont le résultat d’une stratégie économique volontariste et assumée par le FLNKS.

Note de la rédaction

Comment comprendre le début de la réponse de Paul Néaoutyine ?
En l’interrogeant, le VKP Infos interroge bien entendu le représentant de la collectivité actionnaire de Koniambo Nickel SAS. Un entretien de visu aurait permis d’éliminer ce type d’incompréhensions.

 

VKP Infos : Durant les années de boom des cours du nickel, la Sofinor a engrangé des ressources financières massives tirées du nickel. Une grosse partie de ces ressources a servi des projets infructueux (Pêcheries de Nouvelle-Calédonie, Brebislait, Grands Hôtels du Nord, Mirage voyage, etc.), se traduisant en pertes financières conséquentes. Quels étaient (et quels sont aujourd’hui, pour Nord Avenir) les objectifs fixés par la province Nord, actionnaire majoritaire, aux dirigeants opérationnels de Sofinor ? Quel était (quel est) le contrôle exercé sur les actes de ces dirigeants ?

Paul Néaoutyine : Les groupes politiques de l’assemblée de la province Nord ont toujours été représentés aux conseils d’administration de Sofinor et Nord Avenir. Ces conseils d’administration ont contrôlé, par délégation de l’assemblée de la province Nord, ces deux sociétés d’économie mixte. La chambre territoriale des comptes a opéré un contrôle de la Sofinor sur la période. La création de Nord Avenir, en dissociant l’activité minière et métallurgique des activités de diversification économique, répondait aux préconisations et à une volonté de suivi de contrôle plus strict par l’assemblée de province. Cette orientation devenait nécessaire compte-tenu du changement du contexte avec la montée en puissance de l’usine du Nord et le développement d’une économie locale significative. L’assemblée de province a rappelé aux Saeml leur condition d’intervention – l’absence ou l’insuffisance d’initiative privée – et que toute nouvelle opération devrait nécessairement
se réaliser à travers un partenariat métier avec des entreprises aux capacités techniques avérées.

VKP Infos : La province Nord est-elle selon vous parvenue à diversifier son économie ? Comment jugez-vous le bilan de Sofinor/Nord Avenir ?

Paul Néaoutyine : La diversification de l’économie de la province Nord est le résultat d’une action volontariste depuis 1990 ; elle était nécessaire compte tenu du manque d’attrait de la province pour les investisseurs. C’est seulement avec le lancement de la construction de l’usine en 2008 que la province Nord a présenté un intérêt pour les investisseurs. Sur ce point, le rôle de la province Nord a été capital. L’action forte des services du développement provinciaux (cellule Koniambo et DDEE) et de Cap emploi a permis de maximiser l’implication des forces vives locales dans cette construction. Le financement de l’association ECKO a permis aux entreprises calédoniennes de participer à ce chantier ; les citoyens de la province Nord ont largement accédé à l’entreprenariat et au salariat. Cette action a créé un tissu économique en province Nord dont la résilience est forte après la construction. Il est remarquable que la démobilisation en fin de période de construction n’ait produit que des effets contenus sur l’activité économique. C’est bien parce que le développement de la zone a été conçu dans sa globalité dès le départ qu’il s’est poursuivi sans accident majeur. Par ailleurs, la politique volontariste portée par la Sofinor s’est traduite par l’implantation de l’aquaculture de crevettes et la création des deux hôtels de Malabou et Koulnoué. Sofinor a également, par l’intermédiaire de sa filiale Sodepar, participé activement à la création de plusieurs sociétés de services à la mine. Dans le domaine de l’élevage porcin, 60 % de la production est désormais localisée en province Nord. Nord Avenir a répondu à une demande politique ancienne de valoriser le bois de pinus du plateau de Tango : l’entreprise Bois du Nord est en ce sens une création exemplaire.

VKP Infos : Les services provinciaux et émanations provinciales (ex-Cellule Koniambo, etc.) chargés d’accompagner le développement économique montrent très peu de culture du résultat. Est-ce un choix politique de l’exécutif provincial ? Comment se justifie la permanence de chefs de service au bilan très mitigé ?

Paul Néaoutyine : Classiquement, il est plus facile de critiquer le verre à moitié vide que de constater objectivement les réalisations et les modifications extraordinaires qu’a vécues la zone VKP. L’évaluation des politiques publiques est non seulement une obligation, mais surtout un outil de mesure de l’action publique et par conséquent contrairement à ce qui est sous-entendu dans la question, un outil de développement de la culture du résultat. Depuis deux mandatures une cellule d’évaluation des politiques publiques a été mise en place au niveau du secrétariat général de la province Nord. Aujourd’hui, chaque dépense provinciale s’inscrit dans un cadre logique, outil reconnu internationalement pour évaluer les projets de développement. Concrètement, chaque dépense est rattachée à une action.

Note de la rédaction

La question du VKP Infos ne contient pas de sous-entendus. Elle n’a pas pour but la polémique mais se fonde sur des constats4 :
-la province Nord montre les moins bons résultats scolaires de Nouvelle-Calédonie. Les performances de ses collégiens
au diplôme national du brevet (en 2017, 69,1 % de réussite contre 78,7 % pour la Nouvelle-Calédonie entière) et de ses lycéens au baccalauréat (moins de 70 % de taux de réussite contre 86,5 % dans les Iles et 81,9 % dans le sud pour la série générale) font chuter la moyenne du pays. Or, dans la compétence partagée de l’enseignement, l’action de la province Nord devrait être centrale, ce
d’autant plus que la réussite scolaire dépend éminemment du contexte social et économique dans lequel la population évolue ;
-la politique en faveur du logement, que la province Nord a annoncée, dès 2004 (à la création de l’ex-Cellule Koniambo), comme primordiale pour accompagner le rééquilibrage économique, atermoie depuis plus de dix ans. Malgré le lancement d’études sous-traitées et d’instances
multiples (comité logement en 2014, observatoire du logement, etc.), malgré l’argent affecté à ce secteur par les contrats de développement avec l’Etat, les objectifs de construction de logements sur VKP sont loin d’être atteints ;
-l’aménagement des infrastructures routières de VKP mais aussi des infrastructures portuaires (port mixte de commerce à Vavouto, extension du port de Pandop à Koumac), inscrit aux contrats de développement avec l’Etat depuis 2011, est très en retard ;
-le schéma provincial de gestion des déchets, adopté en 2012, planifiait un programme ambitieux à échéance 2017.
Notamment, la mise en place de centres de tri et transfert de déchets dans les communes du nord et d’une installation
de stockage des déchets (ISD) sur VKP-Poya, permettant de fermer et réhabiliter les dépotoirs insalubres de ces
quatre communes. En 2018, la mise en oeuvre du schéma est très en retard, VKP n’a pas d’ISD ;
-outre la Sofinor et la Saeml Grand projet VKP, la province Nord a été à l’initiative de la création de sociétés d’économie
mixte chargées d’assurer le développement économique de son territoire. Ce sont les Saeml Espace de l’ouest, Côte
océanienne, Sud minier et grand Nord, dont la gestion a été confiée à l’Institut calédonien de participation (ICAP).
Plus de dix ans après leur constitution, où est leur bilan ? Quant à la Sofinor et son successeur Nord Avenir, elles enregistrent
des pertes considérables depuis leur création dans les domaines du tourisme (filiales Surf Hôtel, Malabou Beach, Koulnoué…), de l’agroalimentaire (Pêcheries du Nord, Brebislait…), des services à la mine (filiales SRP, Soren…) malgré les interventions financières
régulières de la province Nord pour les soutenir ;
-la construction du barrage à usages multiples sur la rivière Pouembout (avec, à la clé, le règlement de la question de la ressource en eau de VKP) est à l’étude depuis 2014. Le dossier piétine ;
-le pôle sanitaire de Koohnê (PSK, nouvel établissement hospitalier du CHN à Païamboué) devait être livré fin 2015. En septembre 2018, il n’a pas encore ouvert ses portes. Le programme d’accompagnement du PSK par la construction d’un centre de consultations externes
et d’un centre d’hébergement, confié à la province Nord, est également très en retard.
D’autres faits encore amèneraient la question du VKP Infos. Le magazine le souligne régulièrement : les intentions de développement de la collectivité provinciale sont louables mais ses résultats sont insuffisants. Les équipes du président évaluent-elles pourquoi ?

VKP Infos : Le VKP Infos, observateur de l’économie de la province Nord, recueille les avis d’agents économiques (associations, chefs d’entreprises, promoteurs immobiliers, etc.). La plupart regrettent « un manque critique de réactivité de l’institution provinciale ». Pourquoi ce hiatus entre le discours provincial (« Bienvenue aux investisseurs ») et les faits ? Que mettez-vous aujourd’hui en avant pour encourager secteurs privé et public à participer au développement économique de la province Nord ?

Paul Néaoutyine : Précisons d’abord que les investisseurs privés ne se bousculent pas pour investir dans le nord. La plupart de ceux qui se sont installés dans le nord l’on fait seulement à partir de 2008 alors que la province existe depuis les années 90. C’est la raison pour laquelle l’investissement public est encore nécessaire notamment dans les secteurs d’avenir et stratégiques en terme de diversification. Tous les résultats sont-ils à hauteur des attentes, sans doute pas, mais la critique est facile venant de ceux qui n’investissent pas au pays mais à l’étranger. Certains entrepreneurs locaux se disent disposés à investir dans le nord mais ne veulent courir aucun risque, ils demandent à la province de leur dérouler un tapis rouge sous la forme de subventions ou de mise à disposition de bureaux. Entreprendre, c’est assumer un risque, tous les entrepreneurs en font souvent un argument de communication, sur ce point je ne leur donne pas tort ; mais la province n’est
pas là pour leur garantir une rente de situation ou leur permettre de tirer des bénéfices en investissant le moins possible. Il faut distinguer ceux qui veulent développer de ceux qui ne cherchent qu’à profiter. La province Nord essaie d’impulser l’investissement dans des secteurs clés et stratégique via Nord Avenir (secteurs aquacole, agricole, agro-industriel, pêche, hôtellerie). Ces activités connaissent des vicissitudes, ont parfois des résultats insuffisants, mais les maintenir en assainissant leur gestion est une nécessité si l’on veut investir sur le futur. Une étude d’évaluation du code de développement de la province Nord a mis en évidence que les échecs des projets de promoteurs ayant bénéficié d’aides publiques n’étaient pas si élevés et surtout que ces « aides Codev » avaient permis à des personnes sans moyens d’aller vers l’entrepreneuriat ou a minima vers une activité économique améliorant leurs conditions de vie. Aujourd’hui, l’usine du Nord est en activité, l’économie du Nord est une réalité et l’action publique a évolué vers la facilitation et l’accompagnement des investisseurs, quelle que soit leur taille, avec une réduction des aides directes. Dans ce contexte, les quelques chasseurs de subventions qui sont ceux qui s’expriment le plus fort ne sont pas les plus représentatifs des acteurs économiques réels en province Nord. La province Nord a également mis en place des outils permettant la bancarisation de promoteurs qui n’auraient jamais pu mettre en oeuvre leur projet. Le rôle du fonds de garantie Nord par exemple a été déterminant. Aujourd’hui, c’est le potentiel de développement de la province Nord qui attire les investisseurs. De nombreuses entreprises calédoniennes ont un établissement ou une filiale en province Nord. Ce ne sont pas les subventions qui les ont attirées mais bien le potentiel à moyen et long terme de développement de ce territoire. L’accompagnement de projets est toujours d’actualité et lorsque ceux-ci sont d’une taille significative, l’outil provincial Nord Avenir peut intervenir.

VKP Infos : Sans répéter les habituels discours sur le « développement durable », sur quels secteurs économiques la province Nord mise-t-elle aujourd’hui ? Quels moyens se donne-t-elle pour les déployer ?

Paul Néaoutyine : Le développement durable est une approche globale qui doit, autant que possible, trouver un équilibre entre le respect de l’environnement, l’économie et la dimension sociale. À l’heure actuelle, le secteur économique majeur pour la province Nord reste l’exploitation minière associée à une valorisation optimum du minerai, soit localement, soit dans des usines offshore maîtrisées par les intérêts calédoniens. Même si les techniques minières ont évolué dans le bon sens, il n’en reste pas moins qu’il s’agit de l’exploitation d’une ressource non renouvelable. L’enjeu est donc de développer progressivement des activités économiques qui permettront la progression des conditions de vie de la population. Le développement récent de la production locale, en substitution aux importations, parce que la compétitivité locale est suffisante, peut rendre l’économie calédonienne durable. Mais la balance du commerce extérieur reste essentiellement portée par le nickel. Il faut donc une réflexion majeure sur les secteurs sources accessibles de devises pour financer les importations. Parmi ces secteurs, le tourisme paraît détenir le plus fort potentiel. Cependant, il souffre de faiblesses majeures, en particulier les transports, tant pour accéder à la Nouvelle-Calédonie que dans les déplacements intérieurs. Le fait que la clientèle des hôtels du nord soit aujourd’hui à 95 % locale le prouve. Sur un autre plan, le schéma de transition énergétique en cours offre au pays un potentiel de développement qui pourrait être valorisé dans la région.

VKP Infos : A 82 ans, André Dang conserve la main sur la SMSP. Est-ce une gouvernance d’avenir pour cette entreprise clé en province Nord ? Comment votre institution prépare-t-elle la relève ?

Paul Néaoutyine : Je ne répondrai pas à cette question dont vous devez mesurer l’indécence eu égard aux résultats engrangés grâce à la contribution et à l’engagement exceptionnels d’André Dang au service de la stratégie minière et métallurgique que je porte au nom de la province nord. Votre question relaie la campagne réitérée de nos opposants qui finalement sous-entendent que les Indépendantistes kanak seraient incapables de porter par eux-mêmes une telle stratégie gagnant-gagnant en matière industrielle et commerciale.

Note de la rédaction

Notre question ne relaie rien d’autre qu’une réalité. Une entreprise (Sofinor-SMSP), détenue
majoritairement par la puissance publique, placée au coeur du développement économique de la province Nord (comme Paul Néaoutyine le souligne dans cet entretien) et pilier d’un potentiel état indépendant, peut-elle continuer d’être dirigée solitairement par un homme de 82 ans, quelles que soient les qualités exceptionnelles de cet homme ?
La loi, applicable à la SMSP comme à la Sofinor, répond implicitement : Non. En effet, les textes de droit des sociétés fixent à 65 ans la limite d’âge légale dans les sociétés anonymes (SA, comme la SMSP). On peut déroger à cette limite d’âge par voie statutaire (ou en adoptant d’autres formes de sociétés que la SA) mais, aux risques et périls de la société.
Nous jugeons donc cette question légitime et réitérons notre interrogation au président de la province Nord : la collectivité peut-elle encore se priver de préparer la succession du groupe SMSP ? Traiter ce problème et le résoudre relève d’une saine gestion d’entreprise, indépendamment de la couleur politique de l’actionnaire.

 

VKP Infos : Que pensez-vous des événements récents sur les mines SLN de Kouaoua ?
Paul Néaoutyine : Vous devez savoir que j’ai pris un arrêté suspensif des travaux sur les trois sites concernés, Montcalm, Newco et Chênes-Gommes. Ma décision fait suite au blocage initié le 6 août par une cinquantaine de jeunes, déterminés à protéger l’environnement
et à la décision de la SLN du 14 août de fermer le centre minier de Kouaoua. Compte tenu de la tension extrême sur place et des risques pour la sécurité des biens et des personnes, c’était la seule décision responsable à prendre pour ramener le calme et ouvrir la voie aux discussions entre les jeunes et les coutumiers et, ultérieurement, avec la SLN. C’est bien l’effet qui a été produit et je m’en félicite. Certains cherchent à exploiter cet arrêté pour colporter des rumeurs malveillantes sur d’éventuelles arrière-pensées de la province Nord. La Sofinor est, je le rappelle, coactionnaire de la SLN à 34 % et d’Eramet à 4 % via la Société territoriale calédonienne de participation industrielle, la STCPI ; à ce titre, la province Nord n’a pas d’autre objectif que la réussite de la SLN. Une médiation est engagée, l’heure est désormais au dialogue, je n’en dirai pas plus.

Note de la rédaction

Conformément à son contenu éditorial, le VKP Infos a adressé au président Paul Néaoutyine des questions portant sur le développement économique de la province Nord, les composantes sociales et culturelles de ce développement, la stratégie industrielle en matière de nickel. En réponse, Paul Néaoutyine s’en est essentiellement tenu à un discours politique, empli de généralités. En outre, les questions qui interrogeaient sa réflexion d’élu politique et de président d’une grande collectivité publique sur l’économie du nickel et l’évolution de la société calédonienne sont restées sans réponse. Ainsi, le VKP Infos lui demandait, par exemple :
-à quelle échéance la SMSP aurait payé sa part dans l’usine de Koniambo Nickel SAS, pour que cet outil de rééquilibrage
soit véritablement détenu au bénéfice du pays (sachant que le coût de construction de l’usine est passé d’un prévisionnel de 1,7 milliard USD à un coût final de près de 9 milliards USD) ;
-si la « stratégie nickel » de la province Nord, fondée sur le développement de la métallurgie, était compatible avec le
maintien de l’exportation de minerai ;
-si la province Nord avait pris la mesure du rôle croissant des femmes (Kanak en particulier) dans l’économie et de ce qu’il
peut apporter de novateur ;
-si, dans des domaines comme l’éducation, la santé, la préservation de l’environnement, le partage des compétences
était encore un argument pertinent.

La période d’application de l’Accord de Nouméa touche à sa fin. Sur cette période, la province Nord a dépensé plus de 580 milliards XPF. Ce chiffre représente uniquement les dépenses inscrites dans les comptes administratifs provinciaux annuels entre 1999 et 2017. Elles ont augmenté, en moyenne, de 9 % par an. Parmi ces dépenses, celles relatives au fonctionnement de la collectivité se chiffrent à 415 milliards XPF entre 1999 et 2017 ; elles ont crû de 7,4 % par an en moyenne.
Au regard de telles données et d’autres, concrètes, qu’il aurait pu nous apporter, nous pensions que Paul Néaoutyine nous livrerait son analyse sincère sur la cohérence des résultats de l’action provinciale pendant les vingt ans d’Accord de Nouméa.

 

1. L’interview est parue dans le magazine VKP Infos 59 du troisième trimestre 2018, dans un format légèrement raccourci.
2. Groupe de dialogue sur le chemin de l’avenir : instance de travail réunissant les principaux groupes politiques du Congrès de Nouvelle-Calédonie, mis en place sur proposition du Premier ministre Edouard Philippe en décembre 2017. Ce groupe devait offrir aux responsables politiques calédoniens, dans la perspective de la consultation du 4 novembre 2018, « un temps d’échange, marqué par le respect de l’autre et l’écoute des paroles différentes ».
3. La Sofinor, société d’économie mixte locale (Saeml) a été constituée en 1990 après les accords de Matignon-Oudinot pour porter les projets de développement économique de la province Nord. Par scission, elle a transmis, en 2014, ses actifs hors nickel à la Saeml Nord Avenir ; les projets liés au nickel restent l’apanage de la Société minière du Sud Pacifique (SMSP), filiale de la Sofinor. La province Nord est l’actionnaire majoritaire de ces Saeml.
4. Pour des chiffres, voir nos articles « logement », « contrat de développement », « déchets », etc., sur le site vkpinfos.nc, notamment : Rééquilibrage-un-objectif-au-long-cours/ et 2017-2021-un-nouvel-essor-economique/.

 

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