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Rééquilibrage : un objectif au long cours

C’est un phénomène qui dure depuis 2006 au moins : l’Etat tente de stimuler le rééquilibrage économique en faveur de la province Nord. Il finance des opérations dans les...
Le contrat Etat-Province Nord 2011-2016 retenait l’objectif de 1131 logements, avec une priorité donnée à la région VKP. 1 180 ont été construits, mais la plupart hors VKP.

C’est un phénomène qui dure depuis 2006 au moins : l’Etat tente de stimuler le rééquilibrage économique en faveur de la province Nord. Il finance des opérations dans les contrats de développement1 mais mène aussi une action sur le terrain pour pousser leur progression. Ce n’est pas une mince affaire. Tant en 2011 qu’en 2015, il a fallu proroger ces contrats d’un an.

Dans le nord, fin 2011, plusieurs investissements inscrits au contrat de développement Etat-Province Nord n’étaient pas ébauchés ; d’autres, lancés, n’avaient pas reçu les paiements attendus de l’Etat. On se souviendra des fâcheries entre l’exécutif provincial et le haut-commissariat en 2012. Le contrat suivant, couvrant 2011-2016, s’est dénoué plus sereinement, les partenaires ayant mieux coordonné leurs efforts. Mais la province, ambitieuse au départ, n’a pas surmonté ses difficultés d’exécution. Plusieurs de ses programmes ont avorté ; elle a dû négocier des redéploiements importants de crédits, au bénéfice du logement hors VKP surtout. Le contrat se solde par un taux de réalisation estimé à 67,1 % au 31 décembre 2016.

Retard d’infrastructures toujours

Les élus provinciaux et municipaux inaugurent le pont de Petit Kokingone, le 7 octobre 2016, à Touho. C’est l’un des quatre ponts dont la construction était prévue au contrat de développement 2011-2016. Le pont de Grand Kokingone, en revanche, n’a pas vu le jour.

Le contrat 2011-2016 avait repris les priorités du précédent, pour mener les projets qui n’avaient pas abouti. La plupart visaient à combler le retard d’infrastructures de la province Nord. Le secteur de l’habitat sur VKP, en particulier, a semblé faire l’objet de toutes les attentions car il cristallisait l’échec de la collectivité à accompagner le développement en cours. Pourtant, l’inertie provinciale est difficile à vaincre : initialement fixé à 4 milliards CFP (dont 3,2 milliards pour l’Etat), le programme d’habitat n’avait consommé que 3,079 milliards en fin de période contractuelle. Sur les 806 unités de logement visées, seules 416 étaient livrées fin 2016 (soit 51,6 % de l’objectif). C’est l’habitat hors VKP (habitat tribal, aide à la construction en faveur des plus démunis et des handicapés…), plus simple à réaliser, qui a bénéficié du redéploiement des sommes non engagées sur VKP : estimé à 3 milliards CFP en 2011 (dont 2,4 milliards pour l’Etat), le programme s’est finalement vu affecter 4,05 milliards CFP et a pu livrer 765 logements livrés, au-delà des 600 projetés.

Le deuxième poste d’investissement a concerné l’aménagement des infrastructures routières. Le contrat 2011-2016 prévoyait ainsi douze opérations, pour un coût total de 4,135 milliards CFP (3,236 milliards pour la part de l’Etat). Sur les quatre opérations planifiées sur VKP, seule la tangencielle de Pont-Blanc/Green Acre a été réalisée. Hors VKP, seul l’aménagement du col d’Amos s’est achevé sur les quatre chantiers routiers de désenclavement et trois ponts sur quatre étaient sur pied fin 2017. Le taux d’engagement de ces programmes de voieries n’a pas dépassé 49,84 % sur VKP et a atteint 72 % hors VKP. Quant aux infrastructures portuaires, elles sont restées au stade des études, malgré les 660 millions CFP prévus au contrat pour deux projets, l’étude d’un port mixte de commerce à Vavouto (110 millions CFP) et l’extension du port de Pandop à Koumac (560 millions CFP). Cette enveloppe a été réduite en 2015, au profit du logement hors VKP.

 

Dans cette génération de contrats, la province Nord avait aussi voulu mettre l’accent sur l’accès aux soins généralisé, objectif principal de sa politique de santé publique, à travers deux programmes. La poursuite de la rénovation des centres médico-sociaux (les anciens « dispensaires »), entamée sur la période 2000-2004, connaît un taux de réalisation très satisfaisant (95 %). Le  second programme, en revanche, portant sur l’accompagnement de l’implantation du  pôle sanitaire de Koné par la construction d’un  centre de consultations externes et d’un centre d’hébergement, a pris un retard considérable (avec 2,4 % de taux de  réalisation). La plupart des opérations qui  n’ont pas fait l’objet de l’effort public nécessaire pour aboutir, se retrouvent logiquement dans le contrat de développement 2017-2021.

 

1. Voir l’interview de Michel Sallenave, commissaire délégué de la République en province Nord jusqu’en mai 2018.
2. Montant engagé au 31 décembre 2016, à ajuster lorsque l’on connaîtra les conditions finales d’exécution du contrat de développement Etat – Province Nord 2011-2016. La provin­ce Nord avait en effet jusqu’au 31 décembre 2017 pour fournir les justificatifs des opérations réalisées, délai prolongé jusqu’au 31 décembre 2018 pour l’habitat social.

Lire aussi dans ce dossier :

L’Etat, compagnon de la dernière heure.

Bref bilan du contrat de développement Etat-Province Nord 2011-2016.

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