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Chérifa Linossier s’engage pour l’entreprise

Chérifa Linossier s’est fixé l’objectif d’installer à Koné la confédération générale des petites et moyennes entreprises, qu’elle préside depuis décembre 2013, pour rayonner sur la province Nord. La CGPME devra en conséquence...

Chérifa Linossier s’est fixé l’objectif d’installer à Koné la confédération générale des petites et moyennes entreprises, qu’elle préside depuis décembre 2013, pour rayonner sur la province Nord. La CGPME devra en conséquence apprendre à mieux connaître cette terre, ses enjeux, ses habitants : « Pas de problème ! » selon cette femme chef d’entreprise engagée dans le bénévolat CGPME à 40% de son temps.

 

VKP Infos : La CGPME voudrait s’implanter en province Nord, sur VKP en particulier. Quelles sont les actions entreprises à cet effet ?

Chérifa Linossier : Nous souhaitons effectivement nous implanter durablement dans le Nord, où nous sommes peu connus. Nous n’y sommes pas encore parvenus, nous y comptons seulement une quinzaine d’adhérents sur un total de mille cent. Tout est donc à faire. D’abord, y être physiquement plus souvent. Pour l’instant, notre bureau se réunit chaque trimestre à Koné, ce qui nous permet d’aller à la rencontre des entrepreneurs de la région VKP. Cependant, nous cherchons des sponsors pour créer une antenne, avec un permanent salarié qui pourrait répondre aux besoins de nos adhérents. Nous espérions une aide matérielle des structures dédiées au développement économique, comme le groupe Sofinor/Nord Avenir – la mise à disposition d’un local surtout –, mais nous ne sommes pas entendus. Nous avons de vrais services à offrir aux entreprises du Nord pour les aider à prospérer, surtout en période de ralentissement économique. Rappelons que la raison d’être de la CGPME, c’est d’assister les très petites entreprises qui constituent 98% du tissu local. Au cœur de ces entreprises, il y a l’homme, le petit patron de patrimoine, engagé dans tous ses biens. C’est lui que nous accompagnons, que nous conseillons. Nous voulons, comme à Nouméa, mettre en œuvre une entraide entrepreneuriale en organisant des rencontres régulières, qui permettent à l’entrepreneur de sortir de son isolement.

VKP Infos : Quels sont les principaux services que les entrepreneurs du Nord attendent de votre organisation ?

Chérifa Linossier : De manière générale, les entreprises du Nord attendent le même type d’accompagnement professionnel et la même écoute que celles du Sud. Cependant, elles se caractérisent par le fait de se sentir à l’écart. Selon leurs dirigeants, « tout se passe à Nouméa » ; il faut entendre : les décisions qui font le cadre dans lequel ils évoluent. Ces chefs d’entreprise ont besoin de rencontrer régulièrement des organisations comme la nôtre, les administrations, etc., parce qu’ils manquent d’information sur les textes réglementaires et leur application. Ils ont besoin d’être formés au contexte de l’entreprise car souvent ils sont jeunes dans le métier, leurs structures sont nées autour du projet d’usine du Nord. La CGPME voudrait tisser un réseau nord-sud, leur permettre de mutualiser les connaissances, les frais. Ce que nous essayons de faire avec les pays de la région, il faudrait d’abord le faire chez nous, entre provinces ! A cet égard, les entrepreneurs du Nord seront intéressés par nos travaux en faveur du développement de réseaux d’affaires avec les pays du Pacifique, ceux du Fer de lance plus l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Japon. Nous les inviterons à participer au « Pacific Business forum » que nous organiserons en novembre 2016 et ils pourront rencontrer des investisseurs du Pacifique.

« Nous voulons, comme à Nouméa, mettre en œuvre une entraide entrepreneuriale en organisant des rencontres régulières, qui permettent à l’entrepreneur de sortir de son isolement. »

VKP Infos : Que vous inspire le développement économique de la province Nord ? Quels sont les secteurs qui pourraient être mis en avant ?

Chérifa Linossier : J’ai personnellement travaillé pour Koniambo Nickel SAS en tant que spécialiste de la gestion des risques professionnels et vécu à Koné entre 2009 et 2011. Je m’y suis plu, j’y conserve des amis et je trouve formidable ce qui se passe sur VKP. La période difficile que le nickel traverse nous prouve cependant qu’il faut nous diversifier et mettre en avant d’autres secteurs. Je pense à la pêche à Koumac où une usine de transformation de poisson pourrait fonctionner. Le Nord tirerait ainsi parti de l’expérience régionale et de la zone de pêche énorme dont nous bénéficions. Je pense au tourisme vert bien entendu, d’autant plus que le GIE tourisme province Nord a fait du bon travail dans ce domaine depuis dix ans : il faut aider les entrepreneurs à se structurer et à développer cette activité. Et que dire de ces grands espaces du Nord, on doit pouvoir en faire quelque chose, non ? Pour les énergies renouvelables par exemple ?

VKP Infos : La CGPME est-elle en relation avec les promoteurs de l’usine du Nord ?

Chérifa Linossier : Très peu. Nous devons nous rapprocher d’eux, ne serait-ce que pour savoir ce à quoi les chefs d’entreprise doivent se préparer et les aider le cas échéant dans leur reconversion.

VKP Infos : L’étiquette politique Calédonie Ensemble vous colle à la peau, comment l’appréhendez-vous ?

Chérifa Linossier : Nous sommes ainsi étiquetés parce que nous travaillons étroitement avec la Fédération des industries, la FINC, dont Philippe Germain a été président. Et notre ancienne présidente, Monique Jandot, s’est lancée en politique auprès de Calédonie Ensemble. Soit. Eh bien malgré cela je le répète, nous sommes un syndicat professionnel au service des entrepreneurs, nous n’avons pas d’appartenance politique. Nous allons sur le terrain et nous recueillons les besoins de nos adhérents ; puis nous formulons des propositions à tous les dirigeants politiques pour nourrir leur réflexion sur le modèle économique adapté à la Nouvelle-Calédonie. Nous essayons de défendre, en entretenant les liens avec les politiques, notre vision d’une économie « libérale régulée ». Si certains de ces dirigeants nous accordent leur écoute et nous intègrent aux groupes de travail qu’ils mettent en place, tant mieux ! On parle de faire prospérer l’économie ! C’est par exemple ce qui s’est passé pour construire l’agenda partagé avec le gouvernement en 2014. Devons-nous pour autant être étiquetés ? Quoi qu’il en soit, nous continuerons à travailler avec les politiques qui nous entendent, dans l’intérêt des entreprises locales.

« …les entrepreneurs du Nord seront intéressés par nos travaux en faveur du développement de réseaux d’affaires avec les pays du Pacifique, ceux du Fer de lance plus l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Japon. »

Depuis 2015, la CGPME tient un bureau par trimestre dans le Nord (à Koné), où elle est pour l'instant très faiblement implantée.

Depuis 2015, la CGPME tient un bureau par trimestre dans le Nord (à Koné), où elle est pour l’instant très faiblement implantée.

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