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Plus d’argent pour le Nord

Dans les montants que l’Etat verse à la province Nord pour son déploiement économique, on doit bien sûr compter la participation aux projets des dix-sept communes du territoire provincial,...

Dans les montants que l’Etat verse à la province Nord pour son déploiement économique, on doit bien sûr compter la participation aux projets des dix-sept communes du territoire provincial, via deux séries de contrats de développement. Et puis, dans la corbeille de la province Nord, il ne faut pas omettre le contrat de développement dit « inter-collectivités » ni celui que la Nouvelle-Calédonie conclut directement avec l’Etat. Ces deux dernières séries financent en effet des projets « pays » dont un certain nombre profite directement au nord.

L’Etat, interlocuteur des communes du Nord

Les contrats de développement pour 2011-2016 avec les quatorze municipalités hors VKP montraient un taux d’engagement de 92,47 % (chiffres au 31 décembre 2016). En revanche, leur exécution (d’après les sommes effectivement mandatées par l’Etat) n’était que de 65,58 %. Pour moitié, leur enveloppe a financé la construction de réseaux d’adduction en eau potable (AEP) ; le reste était destiné aux équipements publics (24 %), routes municipales (14 %) et à l’assainissement (10%). Dans les nouveaux contrats 2017-2021, la participation de l’Etat baisse, en proportion, mais pas en valeur absolue, comme le montre le graphique ci-dessus. Les opérations continuent de porter sur les besoins primaires d’équipement des villages et tribus des communes (routes, AEP, assainissement).

Voh, Koné et Pouembout, qui possèdent leur propre contrat avec l’Etat, ont cependant les mêmes priorités que les autres commu­nes du nord : AEP, assainissement, routes, équipements publics… En cours d’exécution, des avenants au contrat 2011-2016 sont venus intégrer des opérations comme le centre de secours de Koné et Pouembout. Fin septembre 2016, son taux d’engagement était de 77,32 % et son taux d’exécution de 46,20 % seulement. L’Etat est moins présent sur VKP dans le contrat qui couvrira 2017-2021 : des programmes à destination de la jeunesse y apparaissent, en plus des priorités antérieures.

Le contrat « inter-collectivités »

Initialement, le contrat de développement inter-collectivités 2011-2016 retenait sept  opérations qui touchaient de près la  province Nord. 8,103 milliards de  francs CFP avaient été contractualisés. Or, plusieurs opérations n’ont pas abouti. Au final, l’Etat a engagé 2,061 milliards de  francs CFP (sur 2,972 milliards projetés) dont environ 1,530 milliard ont bénéficié à la province  Nord, à travers les programmes suivants :
-la création du Conservatoire d’espaces naturels de Nouvelle-Calédonie (le CEN), basé à Foué (Koné), qui met en œuvre le programme de conservation de la forêt sèche et assure la coordination de la gestion du Bien inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco ;

Le Conservatoire d’espaces naturels soutient des ac­tions de protection de la biodiversité : ici, en juin 2017, opération d’arrachage d’une liane envahissante sur l’îlot Tibarama, à Poindimié, à l’initiative de l’association Popwadene.

-la mise en place de La Technopole (nouvelle mission de l’Adecal), pour renforcer la  compétitivité de  la Nouvelle-Calédonie par la recherche et le  développement, en facilitant les  liens entre le monde de l’entreprise, de la Recherche et de l’enseignement supérieur, dans des secteurs générateurs de croissance économique (mines, environnement, écosystèmes marins et terrestres…). Sont issus de ce programme le Centre calédonien de développement et de transfert en  aquaculture marine (le  CCDTAM) qui déploie dans le nord une  activité de  pisciculture (à Foué) et sa  ferme pilote de  Touho.


En revanche, la construction, sous l’égide du pôle public de recherche, d’enseignement supérieur et d’innovation calédonien, le « PRESICA  », d’un muséum d’histoire naturelle et d’une  «  Maison des  sciences et des technologies », a avorté. Même abandon pour le projet d’école d’Art de Nouvelle-Calédonie destinée aux  arts plastiques, pourtant inscrit depuis 2006 dans les contrats de développement.

Qu’en est-il du nouveau contrat  ? Le  nord tire son épingle du jeu : le contrat « interco » 2017-2021 reprend les  opérations  non  menées sur la génération précédente et en ajoute huit qui lui profiteront. Soit au  total 11,55  milliards de francs  CFP d’investissement (sur 13,912 milliards) qui  auront des répercussions sur le  développement économique de la  province, dont 4,3  milliards en  provenance de l’Etat.

 

Les contrats de développement Etat/Nouvelle-Calédonie.

Depuis 2006, l’essor économique et social de la province Nord (le « rééquilibrage ») a fondé plusieurs demandes de financement de la  Nouvelle-Calédonie dans ses contrats bilatéraux avec l’Etat. 

L’électrification rurale (dont l’opération « Bouclage du nord ») s’est ainsi vu accorder 930 millions de francs CFP par l’Etat sur les 4 milliards que l’investissement coûtait (255 millions sur le contrat 2011-2016).
La construction du pôle sanitaire de Koné, éta­blissement du centre hospitalier du nord (CHN), pour faciliter l’accès aux soins dans le nord, a reçu 897 millions de francs CFP de l’Etat.


Dans son contrat de développement 2017-2021, la  Nouvelle-Calédonie conserve sa place à la province Nord. Ce d’autant plus qu’elle concentre 30 % des financements sur la jeunesse : on sait que les moins de trente ans forment plus de 50 % de la population du nord. Les opérations suivantes profiteront donc à la province Nord :
-la construction d’une « structure éducative contenante », centre éducatif fermé qui prendrait en charge les délinquants âgés de 13 à 18 ans. Coût de l’investissement : 400 millions de francs CFP, dont 120 millions de part Etat ;
-la mise en place d’un service civique calé­donien obligatoire à l’école  et pour les jeunes entre 16 et 18  ans qui quittent l’école sans  diplôme. La Nouvelle-Calédonie veut ainsi lutter contre l’il­lettris­me et sensibiliser les jeunes Calédoniens au  «  vivre-ensemble ». Mon­tant contractualisé du projet (investissement  et  fonctionnement) : 3  milliards de francs CFP, dont 900  millions pour  l’Etat. En consi­dérant que 20  % de la population concernée résident en pro­vince  Nord, on peut établir à 180  millions de francs CFP  la  part  de  ce projet lui bénéficiant directement ;

La province Nord promeut l’envoi de jeunes gens à l’étranger, dans des programmes de volontariat. Elle y décèle une voie d’insertion sociale parallèle aux formations scolaires. Dans ce but, elle a passé convention avec l’association spécialisée France Volontaires.

-la rénovation du lycée Michel Rocard de Pouembout (1,735 mil­liard de francs CFP dont l’Etat a financé 520,530 millions) ;
-la création de zones de développement prioritaires (zodep). Sur les onze structures projetées, cinq porteront sur des territoi­res situés en province Nord. La Zodep Est (Ponérihouen) fait par­tie des premières opérations à l’étude, avec celle de la tribu de  Saint-Louis. Montant contractualisé : 858,3 millions de francs CFP, dont 257,5 millions pour l’Etat.

Lire aussi dans ce dossier :

L’Etat, compagnon de la dernière heure.

Rééquilibrage : un objectif au long cours.

Bref bilan du contrat de développement Etat-province Nord 2011-2016.

2017-2021 : un nouvel essor économique ?

« La priorité : former les agents de terrain ».

Subit empressement autour de la jeunesse.

Pourquoi le compagnonnage convainc Michel Sallenave.

 

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