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Libérons-nous de nos complexes ! ou « De la critique du rapport Courtial/Mélin-Soucramanien »

Les raisonnements et jugements de la Mission sur l’avenir institutionnel ne doivent pas nous donner de complexes. Sur les questions que les experts de l’Etat posent (comment exercer les compétences...

Les raisonnements et jugements de la Mission sur l’avenir institutionnel ne doivent pas nous donner de complexes. Sur les questions que les experts de l’Etat posent (comment exercer les compétences ? Quelle citoyenneté ? Quel corps électoral ?…), pour lesquelles ils imposent leur vision et leur langage de hauts-fonctionnaires, cultivant l’art de la litote1, il serait souhaitable que les Calédoniens cherchent eux-mêmes des réponses, ensemble. Il parait sage d’écouter avec respect la parole d’experts français, mais, avec recul, pour en tirer ce qui est conforme à nos aspirations citoyennes, non pour en dépendre.
Les deux hommes de la Mission sont des juristes de haut niveau ; ils ne sont ni sociologues, ni philosophes, ni économistes. L’analyse qu’ils proposent mériterait donc d’être confrontée à ces autres domaines, indispensables à la construction d’une société équilibrée.
L’inspiration leur vient « du terrain ». Mais quel terrain ? La Mission cite des exemples de coopération étroite post‑décolonisation avec la France (Côte d’Ivoire…). N’aurait-elle pas dû compléter ses propos en examinant le bilan de ces partenariats pour les petits Etats concernés ? Et si messieurs Courtial et Mélin-Soucramanien citent régulièrement Jean-Marie Tjibaou pour fonder leur propos sur une salutaire coopération avec la France, ce n’est pas innocent. Sans cette coopération, disent‑ils, certaines questions graves seraient insolubles : « … la question de la nationalité est susceptible dans ce cas de figure de soulever de redoutables difficultés ». C’est ce qui fait dire à quelques analystes locaux, un peu excessifs quand même, que le rapport serait « flou » et « tendancieux », en particulier quand, derrière des formules policées, il prend position pour un « détricotage » de l’Accord de Nouméa en cas de « Non » au référendum2.

Enfin, remarque de forme, la Mission ne parvient pas, semble-t-il, à écrire uniformément le substantif « Kanak » en orthographe invariable. Ce principe n’a-t-il pourtant pas été figé par les Accords ?

1. La litote est une figure de rhétorique qui consiste à dire moins pour laisser entendre davantage et susciter, chez le récepteur, un sens plus fort que la simple énonciation de l’idée exprimée.
2. Voir par exemple l’article critique du professeur des universités Mathias Chauchat paru en octobre 2013.
Lire aussi dans ce dossier :
2018, fin d’un chapitre historique.
Sommes-nous passés à côté de l’Accord de Nouméa ?
Mission sur l’avenir institutionnel : hypothèses 1 et 2.
Mission sur l’avenir institutionnel : hypothèses 3 et 4.
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