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L’enseignement, cinq ans après

Le 1er janvier 2012, la Nouvelle-Calédonie a endossé les compétences jusque-là dévolues à l’Etat dans l’enseignement. La rentrée 2017, qui introduit à grand renfort de communication le « projet...

Le 1er janvier 2012, la Nouvelle-Calédonie a endossé les compétences jusque-là dévolues à l’Etat dans l’enseignement. La rentrée 2017, qui introduit à grand renfort de communication le « projet éducatif de Nouvelle-Calédonie », engendre les premières analyses sur le processus de transfert de décision. Cinq ans après, la province Nord sait sur quelles questions mettre l’accent.

Compétences partagées

La loi organique 99-209 du 19 mars 1999, qui met en application l’Accord de Nouméa, conférait initialement à l’Etat les compétences majeures en matière d’enseignement du second degré et à la Nouvelle-Calédonie, l’enseignement primaire. Les provinces se voyaient attribuer la décision pour la construction et l’entretien des collèges et pour l’adaptation des programmes du primaire aux « réalités culturelles et linguistiques » du pays. Les communes étaient chargées des bâtiments du cycle primaire.
Depuis le 1er janvier 2012, la Nouvelle-Calédonie a récupéré la compétence de l’Etat sur le secondaire. D’un commun accord, l’Etat a cependant conservé un rôle financier : il met gratuitement à disposition la plupart du personnel cadre du second degré (dont les enseignants) et continue de le rémunérer – pour combien de temps ? L’Etat garde aussi un rôle fonctionnel : responsable des programmes d’enseignement, il supervise la formation des enseignants, définit leurs qualifications, assure les examens et concours, délivre les diplômes, les grades et les titres universitaires. En parallèle, le 1er janvier 2012, la gestion du centre de documentation pédagogique (CDP) et de l’agence pour le développement de la culture kanake (ADCK) était aussi transférée à la Nouvelle-Calédonie. Celle-ci contrôle désormais les politiques éducatives des collèges et lycées, avec l’objectif de garantir un système cohérent sur son territoire. Elle dresse la carte scolaire, chapeaute l’orientation des élèves et s’occupe de la protection de la santé en milieu scolaire. Elle répartit les aides pour les projets éducatifs et assume la construction des lycées. Enfin, la Nouvelle-Calédonie est devenue, en lieu et place de l’Etat, le cocontractant des représentants de l’enseignement privé dans les conventions d’association qui en font des partenaires du système éducatif. Quant aux provinces, elles doivent organiser l’enseignement des langues kanakes, en coordination avec les autres autorités politiques.

Le projet éducatif de la Nouvelle-Calédonie (PENC)

Il aura fallu seize ans depuis l’accession en janvier 2000 à la compétence sur l’enseignement primaire, pour que la Nouvelle-Calédonie adopte son « projet éducatif ». Le congrès votait ainsi, le 15 janvier 2016, la délibération n°106 relative à l’avenir de l’école calédonienne. Elle vise « la refondation d’un lien social durable entre les communautés qui vivent aujourd’hui en Nouvelle-Calédonie » et est complétée par une charte d’application, adoptée le 1er décembre 2016. Des textes à lire attentivement et sur lesquels méditer… Extraits du PENC.

Nos résultats scolaires

66 134 enfants étaient scolarisés en 2016 dans les cycles primaire et secondaire. En 2017, l’effectif (68 158 enfants) augmente peu (de 3,06%), reflet d’un taux de fécondité en stagnation. On y ajoutera quelque 4300 étudiants. L’enseignement public attire plus que le privé.
Le premier degré (école maternelle et primaire) perd quelques élèves en 2017 (-0,38% par rapport à 2016) tandis que le cycle secondaire en gagne (+5,21%) du fait de l’augmentation de l’offre de formations et des incitations à poursuivre sa scolarité.
Dans le nord. Environ 12 500 enfants sont inscrits dans les établissements de la province nord, soit 18% des effectifs de Nouvelle-Calédonie. Depuis l’an 2000, ces effectifs baissent, sauf sur VKP-P. Le secteur primaire et l’enseignement privé tous degrés confondus, sont touchés. Le secteur secondaire public prospère, en particulier les lycées

Dans le projet éducatif calédonien, les diplômes restent le sésame. Ainsi, les autorités locales se fixent l’objectif de permettre à 75% d’une classe d’âge d’obtenir le baccalauréat d’ici 2020. Au-delà, elles veulent « amener d’ici à 2025, 40% d’une classe d’âge au niveau licence ou au niveau III, toutes filières de l’enseignement supérieur confondues ».
Pour l’heure, les jeunes Calédoniens qui présentent le baccalauréat le réussissent à 77,8%, toutes sections confondues (générale, technologique et professionnelle) contre 88,5% pour les élèves qui le passent en Métropole et 82,4% en Polynésie française. En Nouvelle-Calédonie, ce taux de réussite est en baisse sur trois ans.
Un peu plus jeunes, en fin de collège, les enfants passent le diplôme national du brevet (DNB). Le taux de réussite en 2016 était de 78,5% contre 87,3% en Métropole. La province Nord a montré les moins bons résultats et a fait chuter la moyenne du pays, avec 69,2% de taux de réussite (ce taux étant cependant supérieur chez les filles) contre 81,9% dans le sud et 86,5% dans les Iles pour la série générale. Ces résultats font dire au vice-recteur, Jean-Charles Ringard-Flament : « Il y a des résultats, dans certaines zones… dont on ne peut pas se satisfaire. Les résultats du brevet dans certains établissements de la côte Est par exemple…. Il y a une réaction à avoir : dans les établissements les plus fragiles, on va mettre en place un accompagnement spécifique…, avec des objectifs chiffrés1 ».
Heureusement, il y a les « BTS », brevets de techniciens supérieurs, après le bac, où nos 71,6% de réussite en 2016 sont proches du taux de Métropole. Les jeunes gens se dirigent de plus en plus vers ces sections, ce qui atteste « une montée en compétences pour toute une population », selon le vice-recteur.

1. Les Nouvelles calédoniennes, entretien du 13 février 2017.

Lire la suite du dossier :

Le projet éducatif de la Nouvelle-Calédonie (PENC) : extraits

-Langues et culture kanakes, l’un des enjeux de la DEFIJ

Rappelez-vous, il y a cinq ans…

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