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VKP, terreau de l’innovation agricole

L’ADECAL Technopole contribue à l’essor d’une agriculture performante et durable. Son pôle terrestre, qui met en relation chercheurs et professionnels du secteur agricole, assure le développement de techniques innovantes....
Les agriculteurs et les services techniques provinciaux visitent un site expérimental de l’ADECAL Technopole à La Ouenghi en 2015.

L’ADECAL Technopole contribue à l’essor d’une agriculture performante et durable. Son pôle terrestre, qui met en relation chercheurs et professionnels du secteur agricole, assure le développement de techniques innovantes. Exemple : le semis sur couvert végétal, système de culture expérimenté auprès d’agriculteurs de Pouembout.

C’est une technique particulièrement adaptée à la Nouvelle-Calédonie, par les nombreux avantages qu’elle présente.  Le « semis sur couvert végétal (SCV) » est un mode de culture sans labour, en plein champ, qui consiste à semer à travers une couche de végétaux tenant la terre et la protégeant des variations de température et d’humidité. Cette couche « de couverture » est constituée de plusieurs variétés de « plantes-outils », qui, entre deux semis, libèrent l’agriculteur de travaux contraignants : les unes sont herbicides, les autres rendront le sol plus meuble grâce à leurs racines puissantes, d’autres encore éloigneront les insectes. Elles sont ensuite roulées, c’est-à-dire couchées au sol, pour recevoir directement les semis de culture marchande. En outre, le semis sur couvert végétal fertilise les sols pauvres, il convient aux cultures sur grandes surfaces et se passe de labour : l’agriculteur s’affranchit ainsi d’un travail ardu sur vertisols, terres noires riches en argile qui se transforment en boue collante après de fortes pluies et deviennent très difficiles à labourer, au risque que les parcelles ne soient pas prêtes à temps pour les semis.
Au bout de sept ans, les terres en SCV sont matures ; elles exigeront dès lors peu d’intrants (engrais, amendements, etc.) et de logistique. Enfin, la technique limite l’arrosage et le rend plus efficace : l’eau pénètre dans le sol et le tapis de la couverture conserve l’humidité.

La Recherche à l’appui des agriculteurs

L’intérêt du SCV pour la Calédonie, l’ADECAL Technopole l’a rapidement identifié. Son centre de recherches et d’expérimentations agronomiques (CREA), qui a des antennes à Bourail, Boulouparis, Maré et Pouembout, en développe l’usage, en étudiant notamment les plantes adaptées à la couverture végétale, pour en rendre l’utilisation systématique dans les grandes cultures. Les tubercules ou le maraîchage en bénéficieront également.

Le CREA met son expertise au service des agriculteurs qui veulent déployer des parcelles en SCV. Ils conviennent ensemble des plantes de couverture adéquates, au vu des sols et cultures associés. Dans cette démarche, Pouembout est aux avant-postes. Nathalie Ayrault, responsable du CREA, explique : « Nous avançons bien avec les agriculteurs de Pouembout. Nous travaillons sur des parcelles dites « de validation » avec des itinéraires techniques et procédés bien définis, par exemple pour le maïs. Quand il est satisfait de sa parcelle témoin, l’agriculteur introduit en général le SCV sur tous ses champs. Il nous aide à convaincre les autres agriculteurs, de plus en plus nombreux à vouloir expérimenter ce mode de production moins contraignant ». Les risques sont d’autant plus limités que l’ADECAL Technopole accompagne étroitement ces exploitants. Résultat : en 2015, à Pouembout, le rendement moyen des parcelles de maïs en SCV a été aussi bon que celui des parcelles cultivées en labour. Avec un impact environnemental bien moindre et moins d’interventions physiques des agriculteurs. « Sur le moyen terme, le semis sur couvert végétal améliore la productivité : ses rendements sont stables, même pendant les mauvaises années dont les cultures classiques pâtissent. Il est à l’origine de la troisième révolution verte1 dans le monde, il faut le rappeler », conclut madame Ayrault.

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C’est la superficie des parcelles en semis sur couvert végétal que le CREA suit chez les agriculteurs calédoniens.

 

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Bientôt du riz vraiment local ?

Les rendements sont encourageants partout en Nouvelle-Calédonie : 5 à 8 tonnes de riz à l’hectare ! A Pouembout, le CREA fait des essais de plantation de riz sec parfumé  et non parfumé en semis sur couvert végétal. Certains agriculteurs volontaires y participent. Fournir du riz aux Calédoniens qui en ont fait leur aliment de base, quel enjeu pour l’ADECAL Technopole et les agriculteurs ! La technique de production, ressemblant à celle du blé, ainsi que les variétés très spécifiques utilisées, sont bien moins gourmandes en eau que d’autres testées par le passé. Elles s’adaptent donc chez nous. Avec des cours mondiaux du riz élevés, notre production pourrait se révéler concurrentielle…

1. La « révolution verte » désigne les gains de productivité agricole des pays en voie de développement, permis par les progrès scientifiques et techniques. Mécanisation, variétés de semences à haut rendement, engrais minéraux, produits phytosanitaires, irrigation, ont contribué à la première révolution verte, entre 1960 et 1990.
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