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Agriculture : le sud déménage, que fait le nord ?

En province Sud, c’est parti. Les media relaient abondamment ces dernières semaines l’action des pouvoirs publics pour réformer le secteur agricole. Depuis fin 2014, une « politique publique agricole...

En province Sud, c’est parti. Les media relaient abondamment ces dernières semaines l’action des pouvoirs publics pour réformer le secteur agricole. Depuis fin 2014, une « politique publique agricole » y est en construction, dans l’objectif d’améliorer le taux d’autosuffisance alimentaire de la Nouvelle-Calédonie. Centrée sur l’agriculture marchande, elle vise la réorientation de l’aide de la collectivité vers l’investissement, le déploiement de filières, la responsabilisation des professionnels dans les gains de productivité et la formation des prix. Quoique l’agriculture soit une question de développement économique, compétence provinciale, la province Nord est invitée à dépasser ce cadre juridique formel et à s’accrocher à la locomotive. A cette invitation, elle ne répond qu’à demi-mot, soulignant, d’une part, des spécificités à prendre en compte sur son territoire et, d’autre part, les travaux qu’elle-même mène pour refondre sa politique agricole. Que se passe-t-il concrètement, pour les éleveurs et exploitants calédoniens ?

 

Les enjeux de la concertation

 

La production agricole comparée aux importations en 2002 et 2015

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• L’agriculture locale montre plusieurs visages et une certaine vitalité. Jusqu’en 2015, la Nouvelle-Calédonie n’en a pas fait l’un de ses axes de développement. On assiste cependant à une prise de conscience des dirigeants politiques, qui constatent la vulnérabilité d’une économie très dépendante des importations alimentaires et voient dans l’agriculture une source de diversification économique.

• Pour administrer le secteur agricole, les compétences des pouvoirs publics sont partagées : les trois provinces peuvent intervenir au titre du développement économique, pour déployer des filières et assurer la mise en marché des produits ; la Nouvelle-Calédonie règlemente les prix et les marchés, les aspects zoo et phytosanitaires, décide la fiscalité applicable, assure la formation professionnelle et la production de statistiques… L’Etat, enfin, est un bailleur de fonds au titre des contrats de développement et dispense des conseils via la direction de l’agriculture, de la forêt et de l’environnement du haut-commissariat (DAFE). Mais la concertation entre ces instances est faible ; il manque au pays un « schéma directeur de l’agriculture » qui définirait des priorités et assignerait des objectifs en fonction des capacités de développement de chaque région (nord, sud, est, ouest, îles). La désunion se constate aussi par l’absence d’instance prospective, chargée d’organiser le dialogue entre élus, professionnels du secteur et administrations. Des cloisons sont à abattre.

• L’agriculture ne peut plus s’exonérer de pratiques « durables » préservant l’environnement naturel et humain. Les politiques publiques doivent intégrer ces contraintes, fixer des exigences de qualité des produits, prévoir une utilisation rationnelle des ressources naturelles (l’eau en particulier) et faire toute sa place au consommateur, en lui appliquant des prix justifiés. Sans compter que la production agricole peut contribuer à l’amélioration des habitudes alimentaires des Calédoniens, dont une proportion croissante est frappée par de graves problèmes de santé publique (maladies cardiovasculaires, diabète…).

Nord et sud : consensus sur le maïs

Il faut produire plus de céréales, dit le sud, qui cultivait 76% du total en 2015 (contre 20% pour le nord, VKP en tête). « Cette volonté induit  de modifier le système d’aide à la production que l’ERPA gère, sinon, les budgets publics vont exploser », convient la DDEE. Comment ? « En passant à un système forfaitaire de subventionnement à l’hectare et non plus au kilo », répondent unanimement le service de l’agriculture et Nord Avenir dans le nord, Nicolas Metzdorf dans le sud. L’avis de certains agriculteurs de Pouembout, habitués au système décrit ci-dessous ?  « Il faut peut-être que l’ORS1 nous verse davantage et l’ERPA moins. Si les récoltes augmentent, l’ORS pourra abaisser ses frais de fonctionnement, vendre plus aux provendiers, mieux négocier les prix. Il devra aussi investir dans de nouveaux silos. »

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1. Office de récolte et de stockage situé à Pouembout.

Lire la suite du dossier:

-Politique agricole presque commune

-La province Nord réfléchit

-La réalité de l’intervention provinciale

 

 

 

 

 

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