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Cyril Daham, vingt-cinq ans : « On travaille, on s’amuse, on voyage ! »

C’est à l’ESTP, l’école supérieure des travaux publics, que Cyril Daham a fait ses études, après une scolarité au lycée Antoine Kela de Poindimié jusqu’au baccalauréat et un passage...

C’est à l’ESTP, l’école supérieure des travaux publics, que Cyril Daham a fait ses études, après une scolarité au lycée Antoine Kela de Poindimié jusqu’au baccalauréat et un passage au lycée Jules Garnier, à Nouméa, pour décrocher un brevet de technicien supérieur industriel et suivre la classe préparatoire d’adaptation aux écoles d’ingénieur. « J’étais dans la première promotion, en 2011, de la classe ATS. J’ai réussi à intégrer l’ESTP en septembre 2012. Aujourd’hui, je suis ingénieur ! », se réjouit-il. Rétrospectivement, Cyril se rend bien compte de l’aide que la Maison de la Nouvelle-Calédonie lui a apportée dès son premier séjour en France, en juin 2012, lorsqu’il est venu présenter les oraux d’admission à l’école qu’il visait. « Cyril entrait dans les critères requis pour obtenir le soutien de la MNC », précise Agnès Siraut, chef du service Etudiant-Formation-Jeunesse de la MNC. « Il était boursier de la province Nord. Nous l’avons logé à la Cité universitaire à Paris, aidé dans ses démarches et lui avons proposé un job étudiant où il accueillait les nouveaux-venus. C’est un suivi global. » De fait, la Maison de la Nouvelle-Calédonie négocie avec la « Cité U », située dans le quatorzième arrondissement de Paris, l’allocation d’une soixantaine de chambres. Le gouvernement calédonien lui attribue cent euros mensuels par étudiant pour trois ans de séjour en France.

« On travaille, on s’amuse, on voyage ! »

L’ESTP se trouve dans la banlieue parisienne, à Cachan, la ville aux quatre aqueducs. Cyril n’a pas été époustouflé par la qualité de l’enseignement de l’école. « Le résultat compte trop, l’apprentissage en cours d’année et le contenu des cours s’en ressentent ». Autre réalité à laquelle il a fallu faire face : l’âpreté des grandes villes. « Ici, c’est plus dur de se faire sa place, c’est chacun pour soi au début. Après, ça s’améliore, on connait mieux les gens. Mais il faut absolument développer son réseau pour s’en sortir. » Au final, le jeune Calédonien en ressort grandi, plus autonome : « J’ai dû bouger. J’ai fait des stages chez Eiffage, à Montpellier sur un chantier autoroutier et à La Réunion pendant six mois. Je suis allé au Togo en séjour humanitaire, cinq semaines. J’ai clairement gagné en maturité. Alors, j’encourage les étudiants calédoniens à partir : on travaille, on s’amuse, on voyage ! » Diplômé fin 2015, il cherche un emploi en France, pour s’assurer de l’expérience, avant d’envisager le retour en Nouvelle-Calédonie. Madame Siraut nous explique : « Depuis 2013, nous ne comptons aucun abandon parmi les étudiants originaires de la province Nord. Ces boursiers bénéficient d’un billet aller-retour, qu’il faut utiliser dans un certain délai, mais ils n’ont aucune obligation de rentrer en Nouvelle-Calédonie. » Et d’insister auprès de ses ouailles : « Profitez d’être en Europe ! Imprégnez-vous de la culture européenne, en allant dans les musées, au Louvre, à Orsay, en marchant dans les rues des grandes villes… Touchez-la du doigt, cette culture, ne vous contentez pas du monde virtuel sur vos écrans ni du musée Grévin ! C’est comme ça que vous vous enrichirez personnellement et donc que vous enrichirez la Nouvelle-Calédonie !» Qu’on se le dise. Un jour, il sera temps pour Cyril Daham de contribuer au développement du pays. Comme il le souhaite.

 

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