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Tourisme : le Nord s’impliquera-t-il ?

Si l’on se fonde sur l’Accord de Nouméa, voilà plus de quinze ans que les provinces ont compétence en matière de développement touristique. En réalité, leurs actions dans ce...

Si l’on se fonde sur l’Accord de Nouméa, voilà plus de quinze ans que les provinces ont compétence en matière de développement touristique. En réalité, leurs actions dans ce domaine avaient débuté avec la provincialisation, en 1989. Dans le Nord, c’est essentiellement via le GIE tourisme province Nord (le « GIE ») que ce secteur d’activité s’est déployé depuis dix ans. Aujourd’hui, la collectivité semble vouloir revoir sa copie pour s’impliquer davantage et plus directement : il faudra bien, face aux aléas de l’industrie du nickel, diversifier l’économie. Aussi a-t-elle diligenté un audit du GIE, fin 2013, dont la première phase d’état des lieux est terminée. Alors, tourisme ou pas tourisme ?

Qui s’occupe de tourisme ?

La province Nord n’a pas de service administratif dédié au tourisme. La question est abordée sous l’angle du développement local, dans le portefeuille d’actions de la direction provinciale compétente, la DDEE1, qui doit, selon sa feuille de route, « favoriser la diversification de l’économie du Nord ». Certains des dossiers de cette direction portent sur des projets touristiques (notamment pour l’octroi de subventions), mais rien ne singularise leur traitement et aucun agent n’est spécifiquement affecté au suivi du développement touristique.

Dans les faits, la province s’en remet, pour assurer la promotion touristique, au GIE tourisme province Nord. Ainsi, quiconque cherche un interlocuteur dans le Nord sur le tourisme est renvoyé vers le GIE. Environ 30% des dépenses « d’accompagnement du développement économique », autre poste d’intervention de la DDEE, ont bénéficié au GIE en 2014 et 2015. Autre structure sur laquelle la province Nord s’appuie : Nord Avenir, anciennement Sofinor, qui est chargée, officiellement, des « gros investissements touristiques structurants » et détient historiquement les « Grands hôtels du Nord » Koniambo et La Néa à Koné, Malabou à Poum, Koulnoué à Hienghène et Tiéti à Poindimié.

Le problème de cette organisation ? Le GIE et Nord Avenir manquent de directives en provenance de leur tutelle provinciale, qui n’a écrit aucune politique en matière de tourisme. En corollaire, l’administration provinciale n’exerce pas de suivi régulier des actions des deux entités auxquelles elle a confié ce secteur ; la concertation stratégique et opérationnelle est inexistante. L’essentiel des échanges concerne les demandes d’aides financières que le GIE et Nord Avenir formulent. D’où le sentiment du GIE, en particulier, de diligenter des actions « en solo » depuis plus de dix ans.

Fonds publics en abondance

Les chiffres provinciaux – les derniers suffisamment détaillés sont ceux de 20142 –, ne montrent pas le tourisme comme un secteur de diversification clé. Ainsi, l’écotourisme a représenté 1% des dépenses de la DDEE en 2014. Et si celle-ci a accordé 310 millions de francs CFP, soit 58% des subventions de l’année, à Nord Avenir pour rénover les grands hôtels du Nord (le Koulnoué et le Malabou), elle a très peu suscité de nouveaux projets d’entreprises touristiques. Sur 109 dossiers agréés dans le cadre du Code de développement économique (le CODEV) en 2014, un seul appartenait au secteur du tourisme. En 2015, la tendance s’est-elle modifiée ? Il est encore tôt pour le savoir. La province Nord avait cependant inscrit à son budget primitif une autorisation de programme pour l’aménagement d’équipements écotouristiques, à hauteur de 375 000 000 CFP entre 2015 à 2019 et une autre de 450 000 000 CFP, répartie sur la même période, pour la gestion de ces équipements. En sus, elle subventionne le GIE à hauteur de 125 000 000 CFP par an depuis 2012. Sans oublier son soutien financier à Nord Avenir pour tenir à bout de bras des hôtels au parc immobilier dégradé et qui, en grande majorité, perdent de l’argent depuis longtemps. En conclusion, si l’implication provinciale est quasi-inexistante des points de vue stratégique et opérationnel pour faire du tourisme un secteur de diversification économique majeur, son intervention financière, sur les dix dernières années, a été importante.

1. Direction du développement économique et de l’environnement de la province Nord.
2. Source : Rapport d’activité des services de la province Nord pour 2014. Télécharger le rapport

Lire la suite du dossier :

– GIE Tourisme province Nord, une affaire qui tourne ?

– Jeudi de la province Nord

– Le budget du GIE Tourisme province Nord en 2015

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