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Eau : la Nouvelle-Calédonie construit sa « politique-pays”

Le gouvernement calédonien a réuni en « forum H20 » à Nouméa, du 18 au 20 avril 2018, les parties prenantes sur la question de la ressource en eau....
Eau : la Nouvelle-Calédonie construit sa « politique-pays”

Le gouvernement calédonien a réuni en « forum H20 » à Nouméa, du 18 au 20 avril 2018, les parties prenantes sur la question de la ressource en eau. Les discussions en tables rondes et ateliers ont débouché sur des recommandations. Si l’initiative convainc, la Nouvelle-Calédonie votera sa politique de l’eau en fin d’année.Trois cents cerveaux issus de l’administration, des instances économiques, de la société civile, du secteur privé agricole, toutes collectivités publiques confondues, ont réfléchi pendant trois jours aux enjeux liés à la ressource en eau. Des experts internationaux les encadraient. Ensemble, ils ont dressé un état des lieux sous quatre angles : la santé, l’environnement, l’aménagement du territoire, l’économie. La concertation, fructueuse, a fait germer 250 propositions sur lesquelles le gouvernement voudrait fonder un « schéma d’orientation de la politique de l’eau », qu’il présentera au Congrès avant fin 2018.

Désormais, une « mission inter-services de l’eau », la Mise – un acronyme de plus dans le jargon calédonien – agrège les données pour élaborer le projet de politique. Celle-ci devra répondre à trois impératifs :

-fournir aux habitants du pays, en continu et partout, de l’eau de qualité, en quantité suffisante. Le forum a considéré que chaque individu avait besoin de 150 à 200 litres d’eau par jour pour manger, boire, se laver. Un volume que deux-tiers des communes ne garantissent pas à leur population aujourd’hui ;
-abreuver les secteurs de l’économie, en particulier le secteur agricole pour l’accompagner vers l’autosuffisance alimentaire d’ici dix ans. Le forum a retenu l’objectif d’irriguer 10 000 hectares. Il a aussi identifié l’eau comme un facteur de développement touristique, énergétique, industriel ;
-rendre à l’eau son statut de « bien commun » malgré les compétences politiques partagées et, dans la gestion de cette ressource, placer le curseur correctement, entre préservation de la biodiversité et développement économique. Etat, gouvernement, communes, provinces, tous impliqués dans la gestion de l’eau, vont devoir s’entendre et harmoniser leurs positions pour mener une « politique-pays » qui sauvegardera
la nature calédonienne, menacée par l’activité humaine.

Ce que le Forum H20 propose

Le travail en ateliers a dégagé plus de deux cents objectifs. L’un d’eux s’est imposé de manière transversale : acquérir une meilleure connaissance de la ressource en eau, centraliser et partager des données fiables sur les enjeux qu’elle sous-tend. Le forum a aussi souligné les prérequis suivants : l’adoption d’un « droit de l’eau » digne de ce nom ; la définition d’une gouvernance efficace pour la future politique de l’eau et d’un financement rigoureux. Le bilan des ateliers et interventions, les chiffres-clés du forum H20, sont téléchargeables sur :
www.forumH2O.nc et www.davar.gouv.nc.

Eau et santé publique
(192 participants) – 4 sujets d’étude : distribuer de l’eau potable ; assainir l’eau pour tous ; fournir de l’eau en tout temps ; améliorer la performance des réseaux et des services.
53 résultats prioritaires.

On retiendra l’accent mis sur la formation adaptée des personnes intervenant dans la gestion de l’eau (publiques et privées), la fourniture d’eau de qualité au prix juste, le traitement des eaux usées.

De l’eau, des espaces et des hommes
(160 participants) – 4 sujets d’étude découlant de la nécessité de penser l’eau comme une variable d’aménagement du territoire, en amont du développement urbain et agricole.
53 résultats prioritaires.

Les congressistes ont insisté sur l’importance d’un schéma directeur de l’aménagement qui prendrait en compte les terres coutumières.
Ils ont souligné l’intérêt de récupérer les eaux pluviales.

Eau et croissance économique
(208 participants) – 4 sujets d’étude : l’eau, ressource de l’industrie, de la mine et de l’énergie ; l’eau moteur de l’autosuffisance alimentaire ; l’eau, un bien à partager par tous les usagers ; l’eau, potentiel économique et d’innovations.
68 résultats prioritaires.

Pour préserver la ressource en eau, les Calédoniens doivent réduire drastiquement leur consommation, aujourd’hui deux fois plus élevée qu’en France et « réguler les nuisances du passif minier ». Quant à l’agriculture, il devient urgent qu’elle s’adapte au climat et à la nature, plutôt que de continuer à essayer de les domestiquer.

L’eau ressource menacée dans un milieu fragile
(192 participants) – 4 sujets d’étude : l’eau menacée par l’érosion et les pollutions ; un milieu de vie à préserver ; l’eau menacée par le changement climatique ; quelles protections pour l’eau en Nouvelle-Calédonie ?
41 résultats prioritaires. Il s’agit de juguler les menaces sur la ressource en eau : incendies, espèces envahissantes et exploitation minière qui a « meurtri terres, rivières et lagons ».

 

Lire aussi sur le sujet du forum H20 :

« C’est une démarche novatrice, au planning très ambitieux… »

L’eau calédonienne en chiffres.

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