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Le rapport Orsenna ou l’ambition de la bibliothèque du XXIe siècle

Les bibliothèques ne sont pas suffisamment ouvertes au moment où les Français sont le plus disponibles. Erik  Orsenna1 (en photo) et Noël  Corbin2 le confirment par écrit dans le...

Les bibliothèques ne sont pas suffisamment ouvertes au moment où les Français sont le plus disponibles. Erik  Orsenna1 (en photo) et Noël  Corbin2 le confirment par écrit dans le rapport qu’ils ont remis le  20 février à la  mi­nistre de la  Culture, après avoir rencontré et écouté pendant trois mois, fin 2017, les  acteurs locaux, élus, associations, professionnels qui font vivre la lecture publique.

Seules 130 des  7 700 bi­bliothèques françai­ses sont ouvertes régu­lièrement le dimanche. En  mo­yenne, elles ouvrent 20 heures pour les communes de plus de 2  000 ha­bitants et 42  heu­res pour les villes de plus de  100  000  ha­bitants. C’est moins que la  plupart des autres villes occidentales (la bibliothèque d’Amsterdam est ouverte 80  heures par semaine, celles  de Londres 78  heures, celles de Boston, aux Etats-Unis, 60  heures). Dans son rapport, l’écrivain Erik Orsenna plaide d’abord pour  une  ouverture plus large aux  actifs et aux  familles, mais aussi pour une  a­dap­tation des  bibliothèques (qui consti­tuent le premier réseau culturel du  territoire français), aux attentes et aux  rythmes de  vie de la  population. Il propose l’objectif « ambitieux » d’ouvrir 45 heures hebdomadaires dans les villes de plus de 20 000 habitants et 50 heures dans celles de plus de  100 000  habitants. D’ouvrir une bibliothèque au  moins le dimanche dans toutes les villes de plus de 100  000  habitants.
Le rapport Orsenna ne s’arrête pas là : l’extension d’ouverture nécessite un diagnostic territorial sur l’organisation du  temps des usagers et une  réflexion sur les missions des agents des   bibliothèques. Les bibliothèques sont devenues des lieux « du vivre » où des  réseaux  humains se développent ; ce sont  des outils pour lutter contre les « fractures culturelle et numérique  ». Monsieur Orsenna, avec lyrisme, prône d’en faire des « maisons de service public culturel  », ce qui suppose, pour certaines, notamment dans les outremers, de les  transformer en profondeur et de les  doter en équipements. Il  met aussi en valeur le  travail des  professionnels qui les animent, en demandant  que leur  formation soit renforcée et adaptée aux  besoins de notre société. Il  recommande de faire du  «  réseau national de lecture publique » une  préoccupation partagée entre l’État et les collectivités locales, avec renfort de mo­yens financiers sous condition de  résultat. Ses  dix-neuf propositions constituent le prélude d’un plan national pour les  bibliothèques.

 

 

1. Erik Orsenna, né le 22 mars 1947 à Paris, est écrivain, docteur en économie et conseiller d’Etat. Il a été la plume du président de la République François Mitterrand. Prix Goncourt en 1988 pour son livre L’Exposition coloniale, il est l’auteur de plus de trente œuvres et a été élu membre de l’Académie française en 1998. L’écrivain promeut activement, via le monde associatif, l’éducation, la culture et la francophonie.
2.Inspecteur général des affaires culturelles, mandaté avec Erik Orsenna pour étudier comment faire évoluer les bibliothèques en France, par le président de la République Emmanuel Macron et sa ministre de la Culture, Françoise Nyssen, en juin 2017.

 

Lire aussi : Un dimanche à la médiathèque.

 

 

 

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